Le chambardement du challenge ou la mort des essences !


Challenge, challenge, challenge ! Partout, on lit challenge…

Mais challenge en quoi ? Challenge pourquoi ? Trop de challenges pour zéro ambition, quelle abstraction ! « 10yearsChallenge », « Wouy yaay challenge »… »n’importe quoi challenge »… A quoi ressemble ce désert de challenges ?

Quel est ce challenge qu’on formule et qu’on se fixe après le trépas de dix ans de vies ? La transformation du corps pour une décennie mérite-t-elle ainsi d’être célébrée ? Quelle est le bilan qu’on a voulu dresser en faisant complètement fi du primat de la maturité sur le développement physiologique ? Aberration !

On assiste alors à une véritable crise d’originalité chez les adultes qui, du coup, se rabaissent au rang d’adolescents majeurs. Je pense que dix ans écoulés, s’il fallait regarder par le rétroviseur, on devait passer en revue la trajectoire du projet que nous sommes, au regard d’une condition humaine trop complexe, pour fixer résolument l’avenir et chercher à ouvrir des perspectives, outre mesure. Le challenge de la maturité, oui !

Fort de ce constat, il faut préciser que l’homme n’est pas par essence un corps constitué de chair et d’os mais plutôt une charpente conditionnée qui emprisonne une âme et qui fonctionne selon un moteur appelé esprit. Je pense alors que la conscience du devenir et la prépondérance de l’esprit humain sur l’enveloppe matérielle, est le seul challenge qui vaille, le seul qui mérite d’être célébré.

Le challenge de la prison, de la maladie et de la mort, dix ans après, on en dit quoi ?

Pourtant nous avons été nombreux à se courber face à ces challenges précités, expression du sens même de l’existence. Dans une acception utile, le mot challenge ne peut qu’être une dérivation propre au progrès et à la notion d’ambition. À cet effet, elle présente tellement d’intérêt qu’il serait aberrant de vouloir en galvauder le sens.

Le challenge qui paraît une oxymore au divertissement, me pousse à dire en toute plénitude que tout ce qui nous entoure est challenge car l’homme était créé pour être assurément un challenger face au défi même de la création.

Challenger en soi, challenger au regard d’autrui, il doit savoir identifier ce condensé de valeurs et d’ambitions qui cernent une existence parsemée de vicissitudes.

Par ailleurs, le contexte sociopolitique de nos jours confère au mot challenge un grand sens au plan collectif, celui là de nous interpeller tous face aux mutations politiques, économiques, sociales, culturelles… qui auront impacté sur les réalités de notre temps.

Nous sommes tous témoins de notre histoire, nous en serons donc comptables à l’actif comme au passif, alors, le challenge de l’embarcation se pose.

À cet effet, je ne pense pas que nous puissions nous payer le luxe de divertir nos consciences, comme dans une sorte de mimétisme généralisé qui finit par s’apparenter à une forme de singerie collective de cette tendance, transportée par les folies d’une civilisation digitale.

Les réseaux sociaux, attributs de la globalisation, semblent ainsi privilégier un mode de pensée unique, une seule façon de voir le monde qui, décidément, se partage comme un virus, ce qui tue l’esprit humain et conforte le divertissement par outrance.

Ce divertissement, sorte d’épée de Damoclès au dessus de la conscience collective, élève la notion d’accessoire au dessus de celle d’essence, ce qui nous empêche de pleurer le trépas d’une décennie, de rester stupéfait face au challenge du temps qui enterre la vie, installe la vieillesse et nous invite inéluctablement vers la mort …

Redressons nous avant qu’il ne soit tard, un autre challenge d’une capitale importance !

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