Inauguration TER : Entre vitesse et précipitation


Macky Sall vient d’inaugurer à la « va vite » son Train Express Regional. Alors que les travaux ne sont pas bouclés, la ligne ferroviaire a été ouverte à l’occasion d’une inauguration précipitée. Pourquoi inaugurer une infrastructure qui ne sera exploitée que d’ici 6 mois ?

Le leader de BBY veut bien mettre le TER dans le panier de ses réalisations après un septennat au Pouvoir. C’est la raison pour laquelle il a insisté à couper le ruban d’une infrastructure qui a impacté négativement des populations vivant aux abords du TER.

Le Bilan avant tout !

A l’approche de la Présidentielle, tout est bon pour séduire l’électorat. Cette inauguration, aux allures de propagande, est une pure opération de charme auprès des populations de Rufisque, Bargny, Thiaroye et Diamniadio.

Le TER a été mis sur les rails pour un trajet test officiel avec comme guest star le chef de l’Etat et ses hôtes de la BAD et de la BID.

Le train est enfin prêt mais ne sera opérationnel que d’ici quelques mois. C’est Macky Sall himself qui l’a annoncé. La raison : des travaux de sécurisation à finaliser avant exploitation. De qui se moque-t-on ?

Cela prouve encore une fois qu’il a confondu vitesse et précipitation. Il s’agissait plus d’une propagande par l’image. Une image d’un pays doté d’un mini TGV qui relie le centre-ville de Dakar avec le nouveau pôle économique Diamniadio.

Pendant ce temps, une frange de la population a manifesté leur mécontentement en raison de leur délogement, mais surtout, des désagréments qu’elle devra supporter au quotidien.

Des populations endommagées par le TER !

La sécurité avant tout !

Lors des phases de test, on a assisté à des scènes surprenantes. Des moutons qui coupent la course du train, des personnes qui se tiennent à proximité de l’appareil, en marche, pour le photographier. Sur les réseaux sociaux les gens impactés ont montré ce calvaire qu’ils vivent depuis l’arrivée du TER.

Cet état des lieux montre qu’on est loin d’une voie exploitable puisque les mesures de sécurité primordiales ne sont pas prises. La sécurisation du trajet nécessite aussi des passages à niveau pour des routes secondaires et des passerelles pour les piétons. Il n’en est rien.

Sur le bilan financier des travaux, l’on constate que les indemnisations des populations ont été décuplées. De 5 milliards prévisionnels, les dommages vont coûter 50 milliards.

Mais ce n’est pas tout. Nos autoroutes nous ont montré combien les sénégalais ne respectent pas les mesures de sécurité.

Ils délaissent les passerelles pour en faire des centres commerciaux. Ils escaladent les murets de sécurité et jouent aux sprinters avec les voitures qui roulent à folle vitesse. Attendons nous à de pareils actes quand le TER sera en service.

Les murs de protection du tracé ferroviaire seront tassés afin de créer des niches où le passage sera plus rapide. On parle aussi d’une affaire de vol de tonnes de fer servant au projet d’une valeur de 2 millions de CFA. Imaginez-vous qui sont les voleurs : des maîtres chantiers dudit projet. L’affaire a atteri chez Dame Justice.

Bref, quand on confond vitesse et précipation, on risque de devenir le cobaye d’un crash-test !

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