Embastillement d’hommes politiques : Macky dénoue le feuilleton !


On le connait maintenant assez habile à ce genre d’exercice : la politique du bâton et de la carotte, telle qu’enseigner par le philosophe politique Nicolas Machiavel.

Depuis quelques temps, les observateurs de tout bord ont épilogué autour des motifs et mobiles, ayant été à l’origine d’incarcération d’adversaires politiques du régime en place. Cette situation a généré tant d’opinions controversées dans la logique d’une démocratie qui se voudrait agissante.

Nous nous rappelons tous des procès de Karim WADE et de Khalifa SALL, qui se sont tenus dans un contexte dit de « reddition des comptes » qui, ainsi, inscrivait l’action judiciaire en droite pilier des aspirations du peuple sénégalais au nom de qui, la justice est censée être dite. Pourtant lorsque se graciait Karim WADE, la procédure et le choix du moment (la nuit) ont permis de comprendre que le fait d’édifier les sénégalais était tout ce qu’il fallait éviter dans cette affaire. Le contrat devait alors se nouer de façon tacite dans le plus grand obscurantisme possible.

À cet effet, le Président de la République avoue la grâce mais refuse de reconnaître le compromis de l’exil. Par là, il se débarrasse d’une patate chaude entre ses mains et fait complètement fi d’une décision de justice qui voudrait que Karim WADE se soit acquitté d’une amende, tant que celui-ci décidait de poursuivre son exil lointain, dans les eldorados du Qatar. Cela conforte sans coup férir, l’idée du « deal » international, comme disait l’autre, qui, me semble-t-il, aurait sorti Karim de Rebeuss, tout allongé sur un cercueil politique. Quelle aberration !

Aujourd’hui, nous assistons à un coup de théâtre, cela en raison de l’effroyable déclaration du Président de la République, qui affirme à travers France 24, suite à la question d’un journaliste : « Karim WADE peut rentrer au Sénégal s’il le désire mais les peines sont à recouvrer, à défaut du recouvrement, les contraintes s’appliquent ».

Entendez par là l’emprisonnement qui se brandit ici, telle une épée de Damoclès, au dessus de la tête de l’exilé. Cela pose un problème de chantage juridique qui n’accorde aucune importance à l’amende due mais qui donne une grande valeur à l’idée d’exil donc d’abstinence politique tel que voulu par le protocole de Doha.

Et le Président de poursuivre toujours sur France 24: « Si je suis réélu, je n’écarte pas de tourner la page pour un esprit de reconstruction nationale ». Ces paroles assez affligeantes sont bien graves pour qui sait en déceler le moindre sens : elles sont révélatrices d’une idée de ce mea-culpa par lequel tant de fondamentaux démocratiques en termes d’acquis avaient été démolis.

Quand on présage de reconstruire de la sorte, c’est parce qu’on est bien conscient que, destruction, il y en a surtout quand celle-ci fut commanditée par une procédure juridique tout entachée car foncièrement « mackyllée ».

Ces paroles retentissantes en termes d’aveu, trahissent tout à fait les délires électoralistes du Président de la République ainsi que les errements d’une conscience qui se révèle tourmentée car hantée par l’obtention d’un second mandat.

Le Président cerne ainsi les contours d’un probable retour de Karim mais pour la circonstance, il se réfugie derrière cette carapace, véritable immunité politique : la loi et son impact que constitue la prison.

Quelle farce ! Quelle absurdité !

Quelle en serait véritablement la valeur juridique de ce procès ? Est-il possible d’envisager une certaine prépondérance de la justice dans ce long feuilleton qui vient de livrer son vrai dénouement ? La souveraineté des sénégalais au nom de qui fonctionne l’action judiciaire est-elle ici respectée ? Face à cette problématique, laissons au lecteur le soin de cueillir et de formuler lui même les réponses puisque les choses se sont bien campées, bien précisées par le censeur suprême… Il semble assez clairement qu’une telle déclaration ait piétiné et remis en cause les principes qui régissent le droit sénégalais et cela à la face du monde.

Considérant la probabilité d’une amnistie, l’usage du conditionnel affilié à la réélection conforte cette volonté si chère au Président de sécuriser à sa guise les conditions devant lui permettre de se tracer la trajectoire d’un second mandat par le fait de tenir hors d’état de nuire ceux là qu’il estime sérieux en terme d’adversaires ( Karim, Khalifa…). Voilà pourquoi se comprend les expressions si maladroites comme « esprit de renouveau »,de « reconstruction nationale ». À entendre l’usage de telles expressions, on aurait cru que le contexte était celui d’une guerre civile, tenez-vous bien, il s’agit plutôt là d’une guérilla politique qui livre ici ses stratégies tout en avouant ses crimes. Lapsus ou maladresse ?

Ce qui attriste le plus dans cette affaire, c’est la façon par laquelle notre justice, garant du processus démocratique, avait été savamment manipulée au gré des caprices politiques d’un homme qui, à lui seul, semble nouer et dénouer les destinées politiques au détriment de la souveraineté populaire.

Allah reconnaîtra les coupables !

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