CLAP DE FIN EN RUSSIE : LA VICTOIRE DU PRAGMATISME

France; Football; Mondial 2018; Fifa

54’ de jeu en finale et Deschamps fait sortir Ngolo Kanté, certainement le meilleur français du tournoi mais visiblement pas dans son assiette pour ce match du titre : voilà le symbole du pragmatisme français incarné à merveille par le champion du monde 98.

Il aura eu raison sur tout le monde. Avec le plus faible taux de possession d’une équipe en finale de coupe du monde, 34,2% seulement, la France a cependant cadré 6 de ses 7 tirs durant ce match pour marquer 4 buts.

Efficacité vous avez dit ?

Du Deschamps tout craché. Capitaine de la France championne du monde en 98, Deschamps n’a jamais été spectaculaire mais toujours efficace à tel point de se rendre indispensable dans toutes les équipes où il a joué.

Deschamps a gardé sa ligne de conduite REUTERS

Cette efficacité en tant que joueur, il l’a gardé en tant que coach pour être à ce jour le troisième homme à devenir champion du monde à la fois en tant que joueur et sélectionneur, après Zagallo et Beckenbauer. Et pourtant il n’a pas toujours fait l’unanimité autour de lui. Mais c’est quelqu’un qui préfère mourir avec ses idées que d’épouser celles des autres.

Souvent critiqué sur ces choix et son style de jeu pas très flamboyant, Deschamps est resté fidèle à sa ligne de conduite qui privilégie le collectif et l’esprit de groupe, quitte à se passer de certaines stars. Il n’hésite pas à faire de deux jeunes novices (Pavard et Fernandez, 22 ans seulement) des titulaires d’une défense où Varane avec ses 25 ans fait office de doyen.

Il maintient sa confiance à Pogba malgré les critiques subies par le milieu de terrain de Manchester United et s’appuie sur le minot Mbappé (19 ans à peine) pour dynamiter les défenses adverses. Peu importe qu’on le donne favori ou outsider avant un match, DD reste toujours fidèle à sa philosophie de jeu et se réajuste merveilleusement bien en cours de match à chaque fois que de besoin.Cette victoire de la France c’est donc surtout et avant tout UNE VICTOIRE DE DESCHAMPS !

Une leçon pour Cissé ?

Beaucoup semble les unir mais un océan les sépare. Tous les deux anciens milieux de terrain teigneux et capitaines de leurs sélections nationales, ils ont déteint sur les styles de jeu respectifs de leur équipe en tant que sélectionneurs.

Une victoire de la jeunesse

Mais si Zidane bénéficie d’une grande expérience d’entraineur et d’une politique sportive cohérente, Cissé fait encore ses gammes et entraine une équipe dont on peut dire que c’est l’arbre qui cache la forêt.

Le football local sénégalais est en effet loin d’être performant et son management est juste catastrophique : aucune politique cohérente définie et appliquée, un football professionnel qui ne l’est que de nom, une gestion scandaleuse de l’image des équipes nationales, des infrastructures indignes d’une « nation de football » etc.

Résultat : déception sur déception autant au niveau continental qu’international. A la place d’un travail méthodique, rigoureux et visionnaire, c’est la promotion des charlatans qui domine le quotidien de notre football. L’esprit « navétanes » reste toujours la norme de gestion de notre football et de ses instances.

Faudra donc pas trop attendre des retombées de ce mondial russe ni espérer une planification en vue du prochain mondial : non, on revient à ce qu’on sait faire de mieux c’est-à-dire bricoler, vouloir prendre des raccourcis et compter sur un improbable coup de dé qui nous porterait chance. Alors on y croit jusqu’à la prochaine déception et le retour à la dure réalité du haut niveau. Sacrés sénégalais : mougn mom gno ciy champions !

Seck Modou Gueye

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