Affaire Capi Dièye : La mauvaise tactique du loup « trop » solitaire


On ne s'attaque pas les yeux fermés à plus grand et plus fort que soi, c'est un suicide !

Pour avoir connu le Capitaine Dièye quand il était encore en formation en France, précisément à Saumur, à travers des « amies en commun » (pour faire comme Facebook), je peux attester qu’il est un jeune compatriote d’une probité remarquable. Il est talentueux, alerte et d’une intelligence très poussée.

Toutefois, celui que j’appelais « Eagle One », son surnom sur Skype d’antan, a fait une erreur capitale de stratégie due à un manque de maîtrise du terrain politique au Sénégal.

Le « Droit » revient à la troupe

Sa bonne foi a valu à Capi Dièye d’être tombé dans le bourbier d’un manque de clarté juridique. Après sa demande de démission, il a quitté son commandement pensant qu’il avait le droit « tacite » de se soustraire de ses supérieurs qui restaient inactifs, muets. Le silence des hauts gradés n’a pas été un consentement. Non, c’était un guet-apens. La sentence : une désertion.

Tout seul face à cet ogre qu’est l’Armée, ce sera sa parole contre celles de ses chefs, sa jurisprudence contre un cas d’école pour tout homme de tenue qui voudrait faire comme Capi Dièye. « Préserver la discipline de groupe » va primer sur une « juste » sortie du jeune capitaine.

Comment pourrait-il procéder à un recours ou un appel quand il fait face à une justice militaire immuable, insensible, « opaque » pour les citoyens-civils que nous sommes. Il se heurte à un plafond de verre « glacial ».

« Le silence est d’or » dans la vie des forces de défense. Le capitaine le savait mais il a voulu, consciencieusement, défier cette règle déontologique. Ce sera à ses dépens. Il ne l’ignorait sans doute pas.

C’est une mission impossible que même Tom Cruise ou James Bond ne pourraient mener à succès. Cette prouesse de se mettre à dos l’armée et ces patrons puis d’en sortir avec toutes ses plumes est une pure fiction hollywoodienne. La leçon sera retenue, alors, par tous.

la désertion pour une cause citoyenne à de multiples visages : radiation, démission ou sortie prématurée

La charrue avant les bœufs

Capi Dièye a également opéré de mauvaises appréciations lors de son saut dans les nuages politiques. Le faucon a, me semble-t-il, inverser le processus de son entrée dans la vie des faiseurs de rêve (politiciens).

Je suis tenté de dire qu’il a brandi une arme non chargée avant d’avoir eu dans sa main des balles. Cette attitude a été un signal d’alerte, une menace, pour la hiérarchie qui voyait venir un futur trouble fête dans les rangs d’une armée réputée disciplinée.

La mauvaise tactique lui a coûté les foudres de ses supérieurs qui noient dans l’œuf ses ambitions présidentielles. « Trop ambitieux » je disais à une amie qui voyait en lui un futur leader du pays. J’en disconviens pas, mais comme je le dis souvent la Politique à son timing. Il faut savoir le moment de se lancer, ou plutôt le moment de s’annoncer.

Déclarer la guerre à un monstre institutionnel à cause de « pratiques peu catholiques » opérées par ou dans l’armée – pour reprendre les termes de Mamadou Dièye – est un fantasme chimérique. C’est une opération kamikaze tout simplement.

Ne devait-il pas sortir des rangs avant de clamer tout haut ses frustrations ? Je pense que ç’aurait été la bonne manœuvre que le diplômé de la prestigieuse Saint-Cyr a raté.

Je pense qu’il a du penser à ce scénario et tant d’autres puisqu’il est formé pour, cependant le fin stratège n’a pas assez évalué le degré de toxicité de l’atmosphère politique au Sénégal. En plus, il y a peu de gens sérieux, intègres et compétents dans cette arène politicienne. La guerre tactique a été dans les airs alors que Capi Dièye voulait avoir les pieds sur terre (réalisme). La réalité est autre. Ses adversaires (s’ils le sont même) ne se réfèrent pas aux conventions de Genève. Tous les coups sont permis et point de pitié pour les petits !

L’épopée d’un ancien inspecteur des impôts et d’un magistrat qui décida de « Démm » ne réussira pas à notre ami.

Je souhaite qu’il sorte de ce traquenard dans lequel l’a uniquement propulsé sa témérité.

Bon vent Eagle !

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1 Comment

  1. […] en parlant du dessert des Tirailleurs Sénégalais. Quelques jours après avoir déplumé le Capi Dièye pour désertion, le Chef des armées déshonore la mémoire des anciens combattant, ceux sans qui nous ne seront […]

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