Russie 2018 : Ce ne sera pas comme 2002


Cissé a publié sa liste des 23 devant disputer le mondial russe.

A moins d’un mois du début de la compétition, mise à part cette liste qui était attendue, il n’y a rien, mais absolument rien, qui montre que le Sénégal prépare la plus grande messe du sport roi. Nous n’allons pas trop nous épancher sur la liste car connaissant Cissé et son conservatisme, il n’y a rien de surprenant dans ses choix, même s’il y’en a au moins deux qui posent véritablement problème.

Mais puisque 2002 est notre année de référence en coupe du monde, voyons pourquoi ce mondial ne sera pas, pour nous, comme celui asiatique.

En 2002 il y’avait déjà l’agence Pamodzi comme agent marketing de la FSF et on sentait une réelle stratégie de promotion de l’image de l’équipe nationale. Cela avait notamment permis de signer un contrat avec Sonatel-Alizé (aujourd’hui Orange) qui versait 250 millions FCFA par an à la FSF. Le coût de la préparation du mondial (environ 450 millions de FCFA) avait ainsi été viré dans les comptes de la FSF dès janvier 2002, contrairement à cette année où la FSF s’est même permise d’évoquer l’idée d’un prêt bancaire avant de se rétracter face au tollé créé.

Par ailleurs, le football sénégalais n’a jamais été aussi divisé que cette année avec comme point d’orgue la crise ouakamo-mbouroise qui risque de retarder la fin déjà hypothétique du championnat de ligue 1. Le problème au Guédiawaye FC, avec la décision attendue du TAS, la question des relégations, la catastrophe ROMAI entre autres problèmes, ont fini de jeter le discrédit sur les instances du football sénégalais et d’installer un quasi désamour entre amoureux du ballon rond et dirigeants de notre football.

Il s’y ajoute qu’en cette année préélectorale, tout ce qui n’est pas politique est quasiment relégué au second plan à défaut d’être politisé. D’ailleurs, alors qu’on ne sait toujours pas ce que l’enquête du drame de Demba Diop a donné, le Président de la République reçoit les acteurs pour une paix des braves en demandant aux mbourois de « pardonner ». Les millions distribués aux familles des victimes et au stade de Mbour n’ont fait que créer encore plus de discorde sans régler le refus catégorique du club mbourois de jouer contre Ouakam.

Dans tous les cas, la presse reste focus sur les relents politiques d’une tension sociale exacerbée par la mort du jeune étudiant Fallou Séne. Parler de football en devient presque malsain. Notre ami puriste Guaye Gaye en a récemment eu l’amère expérience … sur son propre mur Facebook.

Cette situation sociale compliquée explique donc en partie le peu d’engouement qu’il y’a autour de l’équipe nationale, comparée à 2002.

On ira ainsi en Russie en rangs quasi dispersés et avec des frustrations internes toujours vives. « L’union sacrée » tant souhaitée ne sera même pas chantée par nos artistes locaux qui sont on ne peut plus silencieux en cette veille de Coupe du monde.

Si le mondial se joue donc en dehors du rectangle vert, sortir du premier tour serait un miracle pour le Sénégal, encore moins atteindre les ¼ de finale. Mais bon, il parait que Cissé a de la Baraka.

Tout sur la Baraka alors !

Précédent Made by France : Le Sénégal, une poule aux œufs d'or
Suivant Affaire Capi Dièye : La mauvaise tactique du loup "trop" solitaire

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *