« Ouztaz Idy » tothiena Reew mi !


On le connaissait très éloquent et impressionnant quand il citait des versets coraniques. Depuis ce lundi, Idy est passé au stade d’exégète du Saint Coran.

Cette ascension n’est pas faite sans éclats dans le ciel sénégalais et a été mise à nue par Sidy Lamine. En tant que journaliste engagé et critique politique, le patron de Walf n’a pas raté l’étoile filante de Reew mi, qui je ne cesse de le répéter, est plébiscitée par la presse comme « opposant unique et crédible » de Macky Sall pour 2019.

Sa récente sortie démontre son manque de maîtrise du texte religieux et pis encore, son audace à interpréter un texte complexe tant les métaphores divines sont inaccessibles pour le commun des humains. Un loupé que le frère de Sidy, Ahmed Khalifa le marginal, n’a pas loupé également.

Sur les ondes de la RFM, Ahmed Niasse, qui souvent prend des positions improbables, a démontré que « Makka », la sainte, a bien été citée dans le livre sacré. Il a, tout comme son frère, appelé Idy à se limiter à ses endoctrinements politiques et laisser la scène religieuse aux ouztaz et serignes.

Ouztaz Idy a cette facheuse habitude de leurrer l’opinion publique, à majorité musulmane, avec ses errements discursifs. Depuis son come-back, il fait un clin d’œil à la communauté mouride, qu’il a rejoint durant son relooking politique, avec un fameux vers de « Mawahibou Naafih ». Dans sa prose, le fondateur du Mouridisme implore son Seigneur (SWT) « d’une délivrance des astreintes et des malheurs, puis de la venue de bienfaits ». Notre cher Ouztaz, néo-commentateur des Khassidas, en fait une feuille de route politique. Il dit souvent que nous devons nous libérer de la nouvelle colonisation, devenir souverain afin d’entamer le processus de développement économique.

Il a peut être raison, pour ne pas avouer qu’il a raison, mais il se dédit en appuyant sur le rôle des israëliens – « doomou baay » des palestiniens – qui, on le sait font et défont des gouvernements avec l’appui des américains. D’ailleurs, en raison de son interprétation fallacieuse, Sidy Lamine l’a taxé de « maçon » puisqu’il fait l’apologie du mur des lamentations. Je ne partage pas son invective à moins qu’il ait des preuves de son assertion.

Les cours d’analyse du discours politique que j’avais eu à faire durant mon cursus me mettent à l’aise face aux khoutbas de « Borom Reew mi ».

Idy est un beau parleur doublé d’un stratège politique. Il sait quand bondir sur ses proies. Il prend au rebond les erreurs de communication des APRistes. Il sait se faire voir ou entendre quand ses derniers fuient les caméras et les micros. Il meuble l’opposition. Il dope le débat en installant la polémique. Il défie, il provoque Macky. Les caporaux de ce dernier réagissent tous azimuts et enfoncent le clou qu’il leur plante exprès au pied. Et au finish il s’offre la Une des quotidiens et le focus des radios et télévisions.

J’aime son côté débatteur et provocateur mais en revanche il en fait trop en voulant y rajouter une touche de Ouztaz pédagogue et comique. Les talents de Alioune Sall, Iran Ndao, Pape Anne, ou du tout nouveau ouztaz de la diaspora, ne sont pas le fruit d’une interprétation à fleur de peau.

Soit on est politique, soit on est religieux. Combiner les 2 peut conduire à une déraison prophétique comme il est arrivé à son père spirituel Wade à la fin de son règne.

En cette période de Ramadan, il serait pas mal de produire un sitcom « Ouztaz Idy ak reew mi » !

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