FALLOU SENE ASSASSINÉ


Fallou SENE n’est pas tombé au combat, il n’est pas victime d’une fusillade, il a été assassiné.

Ils lui devaient une bourse, son seul moyen de subsistance. Ils ont refusé de la lui payer. Il a décidé de manger dans leur restaurent, ils ont dit niet. Il a insisté, ils l’ont l’a assassiné.

La mort par balle, quelle atrocité infligée à un jeune étudiant, espoir d’une famille, d’une communauté et peut être même d’une nation. J’imagine, avec affliction, la balle traverser son corps, les brûlures qui le picotent, les nerfs qui s’excitent, les muscles qui s’engourdissent à cause de l’hémorragie, la vue qui s’embrouille, la perte de conscience etc. J’imagine Fallou voir sa vie se défiler, la sensation de bien-être dans l’enfance, les ténèbres des deniers instants de la vie adulte, le cœur qui ralentit, ou qui s’accélère parfois avant de s’éteindre.

Pauvre étudiant, pauvre sénégalais mal né. Que de chemin parcouru ! Depuis son Patar natal, les abris provisoires qu’il a dû fréquenter à l’école primaire, le chaud soleil qu’il dû braver pour rejoindre son collège, les kilomètres qu’il a dû se taper pour aller à son lycée. Les nuits blanches, les chandelles et cierge qui éclairaient ses vieux cahiers, les sacrifices de ses parents et ses rêves saint-louisiens ont été coupé court par une balle, un tir de sommation l’on nous a dit. De qui se moque-t-on ?

Mais c’est quoi donc le problème de ce pays ? Qu’est ce qui nous arrive ? Que sommes-nous devenus ? Pourquoi depuis toutes ces années des bourses d’étudiant qui ne représentent même pas 1% des dépenses mensuelles de l’Etat sont toujours en retard ? Pourquoi attendre à chaque fois qu’un bus soit cassé ou calciné pour que la situation se décante ? Pourquoi attendre que Fallou soit assassiné à 11 h pour que les bourses soient payées à 11 h ? Qui n’a pas fait son job ? Comment un tir de sommation peut-il être mortel ?

Autant de questions qui resteront encore sans réponses, une situation qui s’empire, des autorités qui ne réagissent pas, des journalistes et une société civile qui s’indignent et une justice qui cherchera un coupable idéal. Ce pays a atteint le plafond, il emprisonne ses fils de valeur, il radie ses fonctionnaires de principe, tue ses enfants et assassine ses étudiants.

Que Dieu nous préserve !

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