M. le Président, la souveraineté est le pouvoir du peuple !


La démocratie est un terme auquel les hommes politiques font usages selon les circonstance qui leur profitent, comme s’ils veulent en faire un terme de situation. Toutefois, ce vocable se reconnait dans la définition la plus consensuelle à être le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.

Le peuple est donc au début, au centre et à la fin du processus, il en est le dessein véritable. En dépit de tout, et fidèles à certaines idéologies, des penseurs comme Thomas Hobbes et Max Striner rejettent cette acception et soutiennent que tous les pouvoirs doivent se fondre dans la volonté totalitaire d’un seul homme : le prince. Ainsi, à la question comment doit être ce prince, Nicolas Machiavel répond : << Il doit être fort et ferme car un prince qui fait preuve de faiblesse court à sa perte et à la ruine de l’État >>.

Et Max Weber de renchérir : << L’État est une entité juridique et politique qui, dans les limites d’un territoire déterminé, revendique le monopole de la violence physique légitime >>. Nous pouvons ainsi rétorquer à la suite de ces penseurs et dans le sillage de Rousseau que le prince est prince par la seule prééminence de la volonté populaire, de laquelle, émane tout son pouvoir. Par conséquent, s’il s’attelle à gouverner par la force et à minimiser les échos en provenance de ce peuple, c’est parce qu’il se saborde assurément et qu’il joue avec des braises, exposant dangereusement la paix sociale à un imminent chaos.

Partant de cet état de faits, nous pouvons en déduire que lorsqu’un peuple se veut sentinelle et avant-gardiste en assumant sa destinée, la tyrannie, aucunement, ne saurait prendre le dessus sur le droit. A ce propos, Jean Jacques Rousseau nous enseigne que la démocratie est la plus exigeante des vertus politiques car elle se construit dans le respect scrupuleux de l’humain, le consensus fort, l’honnêteté et le courage. A cet effet, elle ne saurait se concevoir que lorsque le peuple délègue sa souveraineté à un prince et qu’il exige, en revanche, à se la faire respecter selon les clauses du contrat social. Voilà pourquoi la lucidité dans l’exercice du pouvoir aurait voulu que le peuple se soit traité avec beaucoup d’égards car aucune tyrannie, si liberticide soit-elle, ne serait assez forte à contenir le déferlement de la volonté populaire.

M. le Président, s’il vous habitait une quelconque humilité politique et un minimum de mesure, vous auriez compris que jamais vous n’auriez dû accéder au pouvoir sans le concours d’une citoyenneté agissante qui, à l’époque, s’est battue sur tous les fronts, pour restaurer l’image de l’État de droit. Vous vous auriez plutôt approprié des ordonnances politiques telles que prescrites par Rousseau et Montesquieu et qui recommandent que vous vous départissiez de votre carapace monarchique, réputée à écraser les autre pouvoirs censés cohabiter avec l’exécutif pour contrer, au besoin, les dérives et caprices dont vous faites montre au sommet de l’État. Vous auriez dû être un peu courtois, se munir d’un minimum d’élégance républicaine et comprendre que le régime présidentialiste n’est pas du totalitarisme, il cautionne plutôt que le pouvoir arrête le pouvoir. Aujourd’hui, nous sommes sous couvert d’une démocratie qui souffre de tant d’entraves par votre excès de zèle qui fait abstraction à la prépondérance du peuple mais qui, aussi, entièrement, fait fie à l’existence de ces pouvoirs voisins que sont le législatif et le judiciaire, pourtant inhérents aux fondamentaux qui régissent l’État de droit.

M. le Président ! Jamais ce peuple n’a autant été bâillonné dans ses idéaux de liberté à chaque fois que le pouvoir décida de mettre les pieds dans le plat. De ce fait, la répression, les exactions et les brimades semblent être les maîtres maux d’un régime aux abois qui décide en toute circonstances, d’embastiller des adversaires et d’étouffer toute tentative d’émancipation face au projet de confiscation de l’autonomie populaire. Les bavures policières peuvent donc s’exprimer en toute plénitude et ce pays, d’arborer la métaphore d’une vaste prison: voilà la dictature dans tous ses états. M. le Président, la démocratie est bruissante par essence or toute contestation est sauvagement réprimée comme si votre pouvoir aurait transformé ce pays en un vaste cimetière où viennent impitoyablement s’enterrer toutes les libertés.

La souveraineté n’est pas seulement une majorité parlementaire mécanique et téléguidée

M. le Président ! Avant hier à Ziguinchor, les observateurs les moins avertis avaient été heurtés par les bêtises d’un Préfet qui, après avoir dûment délivré une autorisation de marche aux syndicats d’enseignants, se fait versatile à la dernière minute pour revenir annuler cet acte par un arrêté absurde et obscur. Les dégâts furent sans appel puisque ces honnêtes hommes, mesurés et responsables, s’apprêtant à observer une légalité garantie par la constitution, furent assaillis et réprimés par une meute de policiers, férocité en bando.

Pourtant, leur seule faute aurait été cette farouche volonté qu’ils ont résolument exalté à se faire respecter. Persécutés brutalisés, certains d’entre eux menottés et conduits dans les commissariats, vous en êtes seul responsable car vous exercez et faites exercer l’État par la brimade et la répression.

M. le Président ! Hier, au vu et au su de l’opinion nationale et internationale, vous avez conçu un projet de loi qui entrave absolument l’esprit de notre constitution et que vous avez nommé Parrainage. Sacré parrainage, quel apocalypse politique présage -tu ? Pourtant, en 2016 , lorsqu’il nous fut soumis le projet de loi sur le Référendum, et que les sénégalais se demandaient quel en était la véritable utilité, vous répondiez vous- mêmes, M. le Président, que << L’une des visées salutaires de ce projet était de verrouiller la constitution pour empêcher dans l’avenir à une quelconque main de la tripatouiller surtout à des fins électoralistes >>. Dans cet ordre, à la question d’un internaute: << pourquoi n’avez- vous pas inclus le parrainage dans le projet de Référendum ? >> Ismaïla Madior FALL répond : << Le Président avait à l’époque estimé assez lourds les points contenus dans le projet référendaire et pour éviter toute confusion, il avait jugé nécessaire de retirer ce point >>. Quelle dérisoire et fallacieuse réponse ! Vous pouvez donc revenir, M. le Président, vous affranchir d’un tel serment, comme vous en avez, d’ailleurs, l’habitude.

Sacré « Maquis » ! Conscient que vous avez violé la constitution et que le peuple a horreur d’une telle attitude, vous vous êtes envolé loin de nos cieux après les avoir rendu tendus et moroses par la force de l’arbitraire. Vous êtes allé vous la coulez douce, là-bas dans la plus grande béatitude des champs Élysées, laissant derrière vous un Jeudi noir, jour de tous les dangers qui mis Dakar sous état de siège par vos forces inconditionnelles prêts à sauvagement matraquer le peuple. En dépit de tout, ce peuple, vêtu de ses convictions et imbus de libertés s’est en grande partie levé, à braver la tyrannie dans les rues de la capitale et un peu partout dans les autres coins du pays. Votre police et votre gendarmerie sont entrés en guerre contre ce peuple sans arme et dont la seule immunité aura constitué l’idéal de liberté.

Honte au Président qui dit à ses concitoyens, je m’en vais en France alors que les bavures de la répression bâillonne le peuple agité. Honte au chef d’État qui se recroqueville dans une étonnante irresponsabilité sous l’impulsion d’un entourage, véritables singes de cour, atteints de cécité et qui oscillent dans la plus grande arrogance, lorsque l’éducation échoue dans les rues- publiques, lorsque élèves et professeurs se font persécutés et placés ça et là en garde à vue, lorsque la santé s’enlise et les médecins déboussolés, lorsque le peuple, dans toutes ses composantes, croupit dans la misère la plus totale.

M. le Président ! Vous savez bien que la démocratie interdit qu’on change les règles du jeu en plein processus électorale. Pourtant, cela est votre jeu favori. Votre sale besogne de parrainage, vous êtes bien conscient qu’il vous fallait la confier à un juriste apostasié, tout dénudé de scrupules en la personne de Ismaïla Madior FALL, et un Président de l’Assemblée Nationale assimilé, qui ne s’est soucié qu’à honorer un pacte d’allégeance, depuis, scellé dans le bois sacré du Maquis. Derrière ces deux protagonistes éhontés, vient ensuite une racaille de majorité parlementaire, automate, spontanée dans les réactions et qui ignore tout de la mission véritable du député.

M. le Président ! Ce serait peine perdue de se sublimer en un lion qui dort ou qui rugit, en un renard qui s’affaire dans la ruse car souveraineté restera à ce peuple qui est seul habilité à faire et à défaire les destinées politiques !

email: djibyf58@gmail.com

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