Le verdict tomba impitoyable et la cabale avala Khalifa …


Aux yeux de tous les sénégalais et devant l’histoire, se dénoue un long feuilleton juridico-politique dont l’ultime épisode s’apparente à une tragédie digne d’une intrigue de cour.

Tout s’emballa lorsque le PS, sous la férule de Ousmane Tanor Dieng, décida de se saborder en connivence avec ce vœu si cher au Président de la République qui, clairement, avait formulé sa haute ambition de réduire l’opposition à sa plus simple expression. Pour ce projet fossoyeur de Démocratie, il fallait renchérir dans la logique du Benno Bokk Yakaar et encenser les plus grands dinosaures politiques, je veux dire les anciens précurseurs du Benno Siggil Sénégal, pourtant, tous, formés à la bonne école, selon l’idéologie politique de SENGHOR.

Fort de ce constat, la carte politique sénégalaise changea foncièrement de configuration avec de nouveaux coups de pinceaux. Dans cet ordre, Macky SALL, pour conforter ses arrières, décida de partager son pouvoir mais on pourrait bien se demander à quel dessein si nous savons que le pouvoir a horreur du partage, il est comme la femme, il ne se partage pas.

Nonobstant cette réalité assez considérable en politique, Moustapha NIASSE obtient une part considérable que constitue l’Assemblée Nationale et corse sa logique de faire de l’AFP un parti actionnaire de taille dans la dynamique de l’APR ou je ne sais du Benno Bokk Yakaar. De l’autre côté, Ousmane Tanor Dieng, renchérit dans la même logique et fait hypothéquer le PS en attendant sa part du gâteau qu’il savait bien imminente. Le HCCT allait bientôt être créé. Le PS et l’ AFP renonçant ainsi à la conquête du pouvoir et s’élevant au simple rang de mouvement de soutien à l’APR de Macky SALL, mettent sérieusement en péril le devenir des hommes et femmes qui, jusqu’ici, s’étaient encore fixés l’objectif de reconquérir le pouvoir dans ces partis ci-hauts cités. N’est-ce pas là ce qui devait constituer la ligne de mire de tout parti normal, a fortiori de la trempe de l’AFP et du PS ? Face à ce scénario, les observateurs furent étonnés alors que certains militants résolus de s’opposer à une telle orientation, fidèles à leur idéologie, ont sans doute, reconnu ce choix comme un péché politique.

Ce fut le début d’une fronde génératrice d’un faisceau de péripéties qui verra Malick GACKOU et Khalifa SALL renier et même chasser de leurs familles politiques respectifs. Toutefois, Khalifa SALL maire de DAKAR, continuait d’étendre son hégémonie politique sur la capitale si bien que plusieurs sondages avaient révélé qu’il pouvait être un challenger politique sérieux à en découdre avec le Président de la République au prochain scrutin présidentiel.

Fort d’un tel constat, le pouvoir décida de le mettre mal à l’aise dans sa tâche politico- administrative de maire de la capitale. La guerre froide avait bien pris forme aux yeux de ceux qui savaient observer. Khalifa était donc devenu dérangeant, il fallait à tout prix le clouer au pilori de la toute puissance du pouvoir, expert à conduire ses adversaires politiques à l’échafaud.

Le projet fut noué et le PS s’impliqua à apporter sa pierre à une entreprise tacite de liquidation d’un camarade de parti. Dans ses attributs de maire, il fallait acculer et accabler Khalifa SALL à travers son exercice. Dans son parti, il fallait le bousculer vers la porte, lui et ses supposés adjuvants, je veux dire Bamba Fall, Barthélémy Dias … La tension monte lors du congrès du PS qui connut les incidents ayant conduits Bamba FALL en prison. Khalifa se rebella officiellement après qu’il fut accusé d’être le principal commanditaire des évènements. Les hostilités prennent forme en toute plénitude. Dans ce même contexte, une mission d’inspection d’État fut dépêchée à la mairie de Dakar pour pister des poux dans la tête du maire. Le rapport qui fut déposé sur la table du Président de la République, s’affairant autour de l’histoire de la caisse d’avance était l’arme politique fatale par laquelle on allait assurément guillotiner le maire de Dakar.

Le feuilleton de cette intrigue se noua officiellement en une trame de va t’en guerre avec la sortie du Procureur Serigne Bassirou GUEYE, qui s’était saisi pleinement de l’affaire comme dans une opération commando. Khalifa répliqua par une sortie en conférence de presse. Tout compte fait, le maire de Dakar fut mis rapidement aux arrêts et conduit à Rebeuss. Il y résida jusqu’au mois de Février dernier quand son procès devait, décisivement, être ouvert devant l’histoire et au regard de la conscience populaire.

Pourtant l’incohérence qui frappa la première est qu’il fallait lui dépouiller d’une immunité parlementaire qu’on lui avait refusé au lendemain du scrutin qui lui consacra officiellement député, régulièrement élu au suffrage universel. La procédure juridique fut enclenchée avec beaucoup d’irrégularités qui en aboutissent à des batailles toutes rudes selon les plaidoiries des différents avocats.

Les épisodes du procès se nouèrent, intermittentes par des réquisitoires d’avocats à chaudes empoignades d’arguments face à la toute prééminence du juge Malick LAMOTTE. Dans le fond du dossier, il fut surtout retenu contre Khalifa SALL, le délit de faux et d’usage de faux à propos d’une caisse d’avance dont le mode de fonctionnement et la gestion semblent poser la problématique d’une comptabilité assez spéciale. Cette caisse jamais auditéé, jamais inspectée et qui a toujours fonctionné de la sorte, allait pourtant constitué l’épée de Damoclès par laquelle, il fallait sabrer et obtenir la tête du maire de Dakar. Le dénouement qui s’en suivi le 30 Mars dernier, le condamnant à 5ans de prison ferme, assorti d’une amende de 5millions, aurait concouru à tuer son ambition de devenir le 5ième Président de cette République, comme si nous étions dans une sorte de, géomancie politico- juridique, aux énigmes du chiffre 5. A cet effet, des questions mériteraient d’être soulevées. Et l’on pourrait se demander :
Qu’est devenue la CREI après avoir condamné et exilé Karim Wade ? Une juridiction inerte et morte de sa belle mort.
Que dire de ces dossiers épinglés sous Nafi Ngom Keita et asphyxiés par le Président de la République ? Une justice à la solde de l’exécutif. Comment qualifier cette bamboula qui sévit au plus haut sommet de l’État ? Une République dans la spirale des tropiques.
Au regard de cette problématique, il y’a de quoi avoir peur face au scénario d’une justice aux principes compromises, qui s’érige en arme de destruction politique à la portée du Président de République et qui installe la bastille au sommet de l’État. Mis à l’évidence devant les coups du sort, Khalifa se sera donc à priori résigné à regarder de face son avenir et à rester stoïque pour que ne meurs l’héritage politique de SENGHOR, pour que vivent les idéaux de conviction politique et de démocratie. Ainsi, entre les quatre murs de la bastille, ( Rebeus) il pourra certainement, en conscience apaisée, peindre le tableau de la liberté.


Auteur : Pr Djiby Faye

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