Parlons de l’Ecole et non du Professeur !


Les clashs sur l’affaire Songué ont assez duré. La place du Professeur est en CLASSE et non pas sur un plateau TV. Ne pas réagir face à la crise actuelle de l’école est un VIOL sur l’avenir des enfants du pays. Parlons de l’école sénégalaise maintenant !

Depuis quelques années, notre système scolaire bat de l’aile. Du temps de Wade, on criait haut et fort que 40% du budget national étaient absorbés par la matière grise des sénégalais. C’était sans compter sur le système LMD (Lutte, Musique et Danse) qui a produit plus de jeunes talents que l’école classique. Actuellement, le gouvernement de Macky injecterait le tiers des 3.300 milliards de cfa du budget national dans l’Education. « Un peu moins que Wade » diront les partisans de Gorgui, mais les enjeux sont différents.

Bref, qu’en est-il des résultats de cet investissement sur l’Economie du Savoir ? Eh bien, le constat est affreux ! Une qualité de plus en plus amoindrie, une école qui produit des chômeurs et des entreprises qui emploient des privilégiés (pistonnés ou diplômés de grandes écoles).

Contrôle qualité !

Des profs qui se transforment en bûcherons entre le privé et le public, des élèves qui battent le macadam, un gouvernement qui joue au yo-yo avec les syndicats d’enseignants et un Président qui camoufle la réalité d’une surcharge pondérale des classes à son homologue français qui a, finalement, démasque le jeu de dupe (réf visite Macron).

La norme dans l’enseignement veut que les écoles soient accessibles en nombre et en qualité. Le document du Ministère de l’Éducation Nationale dénommé « Normes et standards de qualité en éducation et formation » réalisé en février 2013, avec le concours de l’AFD dans le cadre du projet EDUFORM/APSE2, nous renseigne amplement.

La classe doit être équipée de 25 tables au maximum et ne doit pas dépasser 50 élèves par classe. L’amphithéâtre doit contenir moins de 2000 places et donc plus de « diapalema place » ou des cours aux allures de « mbapate ».

Les enseignants doivent avoir au minimum le BAC pour le primaire, la licence pour le moyen et la maîtrise pour le secondaire. Allez voir les diplômes de bon nombre de nos chers enseignants !

Préparons ces futurs cadres et dirigeants de notre pays pour 2030 !!

Une double crise selon la Banque Mondiale

L’institution financière vient de publier « Perspectives : L’école au service de l’apprentissage en Afrique« , un ouvrage sur l’évaluation de l’école en Afrique et du niveau des élèves. Constat alarmant et décevant pour le Sénégal. Notre pays ne figure pas parmi les pays ayant réussi des prouesses dans l’éducation. Portant sur des données comprises entre 2000 à 2013, l’étude de la Banque Mondiale révèle que la crise scolaire en Afrique touche à la fois l’accès à l’école et les apprentissages scolaires.

Le Sénégal est interpellé par l’étude sur le besoin d’améliorer « considérablement » l’accès à tous les enfants à l’école. Avec le Niger et le Liberia, notre pays figure parmi les pays au faible taux d’accès universel à l’éducation primaire en Afrique de l’ouest.

Le SACMEQ, un test régional d’évaluation des apprentissages, montre que le niveau des élèves africains pique du nez. Au Sénégal, ce 2e agrégat de l’étude de la Banque Mondiale est facilement palpable à travers les résultats aux examens généraux (BFEM, BAC) et aussi à voir le niveau de langue des élèves.

Voici les solutions préconisées par la Banque Mondiale pour résoudre ce mal galopant : l’amélioration de l’accès à l’école, du niveau de la qualification des enseignants et le renforcement des apprentissages scolaires.

Et un PSE (Plan Sans Écoles) ?

Si le développement de notre pays doit passer par l’économie, sachez que investir dans l’économie du savoir est plus que vital pour garder cette croissance moyenne de 7% du PIB sénégalais. D’autres diront que l’indice de développement humain est encore bas, certes, mais il sera tiré vers le haut bien par la croissance économique.

Les projets que devra porter le développement socio-économique seront gérés par qui ? Une IA (Intelligence Artificielle) peut être !! Que deviendront nos enfants et petits fils d’ici 2030 si l’école sénégalaise ne se remet pas de son malaise ? Quel citoyen pourra diriger un pays mal-instruit ? Va-t-on laisser d’autres pays implanter des écoles dans notre sol et produire de futurs ambassadeurs de leur culture et de leurs stratégies géo-économiques ?

Si seulement notre école échoue, notre système étatique en pâtira. Nos entreprises aussi. Une éducation réussie est la combinaison entre les compétences nouvelles (numérique et technologique) et d’une citoyenneté exemplaire. Mais nous sommes bien loin de ces 2 aspects. Les grèves que nous vivons actuellement ont crevé un œil du mammouth. L’autre œil lui servira peut être à trouver une sortie de crise et atteindre le bout du tunnel.

Espérons toujours !

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