IDY is back !


On l’aime ou on ne l’aime pas, on le croit voleur ou menteur, mara ou mécène, fourbe ou généreux, il y’a autant d’Idrissa SECK que de lignes éditoriales, que d’obédiences politiques, que de sénégalais tout court. Ce qui est sûr, c’est que Idy fait peur, il fait trembler le pouvoir à chacune de ses sorties. Entre gloire et décadence, revirement et reniement, retour sur une trajectoire en dent de scie d’une personnalité complexe.

A ses débuts !

On l’a découvert directeur de campagne du candidat Abdoulaye WADE aux élections présidentielles de 1988. Ancien lauréat du concours général, ce jeune rigoureux et pertinent, serait à l’origine des marches bleues d’un candidat Abdoulaye, très court financièrement. Après son BAC, il a fréquenté l’Institut d’Etudes politiques de Paris puis l’Université de Princeton. Malgré les controverses sur son CV, on ne l’a jamais vu brandir ni un diplôme, ni une attestation même si il ne perd aucune occasion pour les énoncer dans un anglais hyper british.

Super premier ministre

Contre vents et marrées, face à un puissant Ousmane Tanor DIENG et un très pertinent Abdou Rahim AGNE, Idy emmènera WADE au pouvoir en 2000. Il devient le nouvel homme fort de l’establishment politique et administratif. D’abord en tant que tout puissant ministre d’Etat, directeur de cabinet du président, ses partisans d’alors ont commencé à dénoncer l’arrogance, le manque d’empathie et la froideur d’un arriviste qui se déambulait dans les couloirs du palais murmurant des condescendances en anglais. Lui parlera de l’exercice de la plénitude de ses fonctions, on se souvient d’une de ses émissions à la RTS, avec Daouda NDIAYE où il expliquait, tel un prof devant son étudiant, diapo en appui, en quoi consistait son job.

Idrissa SECK deviendra premier ministre du Sénégal en novembre 2002 avec le départ de Mame Madior BOYE. Il fera une déclaration de politique générale mémorable où il jurait de traquer « ndioublang » (malhonnête) et d’aider « Goorgorlou » (débrouillard), où également il promettait, avec optimisme, de mettre le Sénégal sur le chemin du progrès. Idy est alors au sommet dans son art comme dirait l’animateur.

Jadis frères d’armes, aujourd’hui frères ennemis, et pour demain ?

Déveine !

L’ascension fulgurante d’Idrissa SECK ne plait pas à tout le monde. Les accusations fusent alors de partout. Son parti, le PDS lui tourne le dos, son mentor Abdoulaye le voit désormais, comme un frein à son projet de se faire remplacer par son fils. C’est la disgrâce.

L’histoire retiendra que la majorité parlementaire libérale, sur les pas de danse de son président Doudou WADE, votera sa mise en accusation devant la haute cours de justice pour détournement de fonds, corruption, faux et usage de faux, atteinte à la défense nationale et à la sûreté de l’Etat. Il sera arrêté et incarcéré à la prison de Rebeuss pendant 199 jours. Le Sénégal vient de connaitre son deuxième grand scandale politique et judiciaire après celui de Senghor et DIA en 1962.

Sa libération se fera sans bruit, à quelques minutes d’un match de coupe d’Afrique 2006, Sénégal contre Egypte. Dans quelles conditions ? Seuls Idrissa SECK et Abdoulaye WADE peuvent répondre à cette question. « Sa bouche, mon oreille » disait-il. Il continuera néanmoins de clamer dans ces fameux CD que, jusqu’à l’extinction du soleil, aucun centime de volé ne pourra jamais lui être reproché et que, chaque centime qu’il possède a une origine propre et licite.

Le protocole de Rebeuss, les va et vient au palais contribueront grandement à décrédibiliser Idrissa SECK qui désormais, est traité en maître chanteur et bandit de grand chemin. Il prêtera le flanc avec des audiences de midi et de minuit. Lors d’une de ces nombreuses audiences, WADE déclarera qu’Idrissa rejoint le PDS, ce dernier, dans un discours loufoque ne confirme ni infirme. Il se présentera néanmoins aux élections présidentielles de 2007 qui ressemblent plus à une participation qu’à une adversité réelle contre WADE. Il finira deuxième et s’emmura dans un silence total pendant au moins trois ans. On parle même de séjours dorés dans hôtels luxueux dans le monde avec l’argent du contribuable sénégalais. Il reviendra timidement en 2012 mais continue de perdre des voies élection après élection.

Idy veut séduire Touba …. A suivre !

Le nouveau Idrissa SECK

Le nouveau Idrissa SECK est une réalité. Ce n’est pas une construction de la presse comme semble le penser le journaliste et analyste politique Sergine Cheikh DJITTE. Il a aujourd’hui une expérience de trente ans en politique au Sénégal. Il connait les rouages de la politique, il maîtrise les zones d’incertitude de l’administration sénégalaise, et il sait que la presse fascine l’opinion publique. Le nouveau Idy est né à l’issue des élections présidentielles de 2012 exactement au premier anniversaire de l’alternance Macky, dans les ondes de la RFM. Il s’est lancé dans une tentative d’explication, de mise au point et quelques fois de mea-culpa. Il affirmera avoir été victime pendant une dizaine d’années d’une cabale politique, médiatique et mystique sans relâche de l’homme le puissant du Sénégal d’alors. Il jura avoir respecté les paroles de chefs religieux qui l’ont conduit à voir WADE à plusieurs reprises.

Depuis ce jour, il est présent en permanence dans le lanterneau politique, il intervient dans les différents débats, va au contact des sénégalais, semble plus sobre dans son expression. Oui, il y a un nouveau Idrissa SECK. C’est ce nouveau Idrissa SECK qui a accepté d’être dirigé par Khalifa SALL lors des élections législatives de 2017 en ravalant sa fierté et en sacrifiant certains de ces lieutenants. Ces nouvelles méthodes et sa nouvelle stratégie couplées aux errements du pouvoir actuel le placent comme le principal opposant du pouvoir actuel en l’absence de Khalifa SALL et au retour hypothétique de Karim WADE.

Son objectif dans les prochains mois, est de catalyser tout ce mécontentement en énergie positive contre Macky SALL, de gagner la sympathie des khalifistes, de combler les vide au PDS sans sembler mesquin ou machiavélique.

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2 Comments

  1. Abdou
    12 mars 2018
    Répondre

    bel article !!!

  2. 12 mars 2018
    Répondre

    En tout cas moi j’aime bien ce nouveau Idy, pourvu qu’il soit aussi sincère de l’intérieur.
    Pour dire vrai nak … C’est le système qui me dérange le plus c’est à dire l’esprit politicien, nous voulons aujourd’hui des hommes politique et surtout pan-africaniste, des hommes qui sauront développés notre autonomie sur tous les plans … pas des statuts au pouvoir dont leur gouvernance serait dictée par les occidentaux.

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