Fakenews : « Le Quotidien », scénarise un faux vol chez le Khalif de Touba


LE QUOTIDIEN de Madiambal Diagne a menti. La résidence du Khalif n’a pas été la scène d’un hold-up comme l’ont repris, bêtement, plusieurs sites sénégalais. Il m’a fallu juste d’un coup de fil pour infirmer cette fakenew (fausse information). Une personnalité qui se respecte aurait présenté des excuses publiques et même aller à Touba et courber l’échine devant les lésés et donner des explications claires face à cet affront. Jusqu’à la parution de cet article, aucun mea-culpa ni erratum n’a été émis par le directeur de publication.  Mais, le cas échéant m’aurait surpris car Madiambal « woutoule diamm » (ne cherche pas la paix). Touba ne ressent aucun « malaise » et se porte bien.

Détrompez-vous ou rassurez-vous, chez Serigne Muntaqa, l’intégrité est une vertu immuable dans sa famille et son entourage. Le nouveau Khalif l’a lui même affirmé devant toute la famille de Khadimur Rassul, quand il déclinait sa feuille de route, par transparence et bonne gouvernance, en janvier dernier. Il déclarait que sa nouvelle posture de « Khalif de la Muriddiyah » ne changeait en rien sa démarche ni ses ambitions à servir « Borom Touba ». Il restait le même « Muntaqa » qu’ils ont toujours connu et que sa quête sera toujours l’agrément de Dieu (swt), de son Prophète (saw) et de Serigne Touba (rta) et ce dans la droiture, disait-il.

Pourquoi Touba fascine-t-elle autant les médias sénégalais ? 

Touba, ville religieuse à statut spécial, est l’objet de toutes sortes de dérives médiatiques. Cet acharnement n’est heureusement pas le fruit de tactiques politiciennes puisque les Khalifs d’après les années 90 ne donnent aucune directive de vote, donc exit de la sphère politique. Mais, ces égarements de la presse sont intentionnels à 2 niveaux.

Face à la concurrence des nouveaux médias digitaux et des réseaux sociaux, la presse écrite ne peut compter que sur des exclusivités au gros titre et à valeur nulle. Barrer « Touba » sur sa Une fait vendre. Cependant, vouloir en faire un trésor d’Ali Baba est une aberrance et une irresponsabilité déontologique. Un journaliste qui se respecte évitera ce genre d’acrobaties.

Ensuite, le statut des Khalifs semble déranger tous ceux qui veulent les réduire en « citoyens ordinaires », au prix d’orchestrer des rumeurs ou d’éclabousser des bruits de couloirs relayés par des « rats de rédaction ». Il en était ainsi du temps de Serigne Bara Falilou. On titrait, sur son humble personne, toutes sortes d’ignominies allant de fresques conjugales à une mort prématurée ou un empoisonnement fatidique. Week-end Magazine n’hésitait pas à citer un dixit : « Je veux un fils de Serigne Bara ». Le comble !

Quand le souci de vendre prime sur devoir d’informer

Une histoire de vol de 14 millions avait encore fait la Une et l’ouverture des revues de p(a)resse durant le khalifat de Cheikh Sidy Mokhtar. Aujourd’hui, pour faire plus sensationnel, Le Quotidien rajoute un 0 (zéro) au vol qui datait d’un an chez le 7e Khalif pour parler d’une centaine de millions chez le 8e Khalif. Un support s’emballait aussi en parlant de la « dream team » du nouveau maître de Touba. Parle-t-on de Barça ou Real ? Ici ce n’est pas Paris, ici c’est Touba !

Et que dire de L’Obs qui voulant faire un jeu de mot tordu et déplacé, parlait du maire de la Médina qui pourrait rejoindre le Président Sall, en ces termes : « Bamba part en exil » ? Une banalisation du nom de Bamba et de son exil qui n’avait rien d’une transhumance.

Pis, on se permet à la RFM de croiser les discours contradictoires de 2 frères Sy, fils de Serigne Cheikh Ahmed Tijaan Al Makhtoum, pour mettre en disgrâce une sortie de Serigne Moustapha qui fait trembler les APRistes ! Où sont passées l’éthique et la déontologie qui servaient de plateaux sur la balance équilibrée de la démarche professionnelle et de la conscience humaine ?

Touba, terreau de rumeurs et d’extrapolations 

« Sénégalais dou soss, day yokkou rek » (le sénégalais n’invente pas une rumeur, il la déforme), a-t-on l’habitude de dire. C’est tout à fait vrai. Dans le cas de cette fausse information divulguée par le Quotidien et consorts, sans nul doute, un informateur malintentionné a rendu compte à la rédaction de Madiamal.

Les rôdeurs dans la cour des marabouts sont connus pour être les messieurs « khalass »ou « teuss » pour la presse et les grand-places. Colporteurs et calomniateurs, ils désertent les cours des marabouts dits « allemands » pour squatter celles des Khalifs et autres Marabouts au tempérament calme. Toute bonne foi se méfie de leurs dires afin d’éviter d’être rattrapé par la sentence absolue de la vérité, qui triomphe toujours.

Alors, rapporteurs de faits divers, allez à la source pour vérifier les rumeurs qui vous tombent à l’oreille ou que vous composiez en songe. Il y va de votre crédibilité.

Sur un point de vue commercial, vous risquez de perdre le lectorat mouride, qui comme on le sait peut tourner le dos à tout détracteur de leur conviction. Au pire des cas, ce qui peut se produire c’est un baston que même les forces de l’ordre ne pourront stopper. Les derniers exemples sont encore tous frais dans nos mémoires : Cissé Lo, Assane Diouf pour ne citer que ceux là.

Comme disait un sage : « la foi est un volcan dormant que la profanation peut mettre en ébullition ». Donc ne nous surchauffer pas !

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