DisParité Sociale


  • Les disparités socio-économiques sont criardes au Sénégal
  • Malgré une classe aisée qui n’en finit pas de faire étalage de sa richesse le Sénégal est composé de 6,8 millions de pauvres
  • Si on abandonnait les canons de développement actuels pour opter pour une plus grande justice sociale ?

“Il ne faut pas donner le sentiment d’avoir des sénégalais à part entière et des sénégalais entièrement à part. ”.
En voilà un propos qu’on peut sortir de son contexte pour le plaquer au contexte morose du Sénégal.
Par son message destiné à lapopulation d’une région de Kédougou riche en matières premières et paradoxalement pauvre le médiateur de la République s’offusquait du fait que la population n’ait pas accès aux services sociaux de base.
S’il faut un thème aux autorités sénégalaises pour cette journée du 20 Février dédiée à la Justice sociale, il est tout trouvé par un de leurs représentant.
Pour ceux qui se demanderont son sens, la « Justice sociale » c’est juste une répartition des ressources, matérielles ou symboliques, plus équitable ou plus égalitaire au sein d’un groupe afin d’accroître le bien-être collectif et la cohésion du groupe.

Une Personne en situation de Handicap ne mendie pas par pur plaisir

Au diable le « PIB invisible », à bas le classement « Doing Business » abstrait, à plus tard « l’émergence » unilatérale d’une couche de la population !
Loin de réclamer un égalitarisme parfait, impossible à obtenir, mais juste une égalité de chances face à un monde socio-économique impitoyable.
Juste une égalité des droits et la possibilité pour tous les sénégalais sans discrimination de bénéficier du progrès économique et social en ayant justement la chance de partir à armes égales.
6,8 millions de pauvres en 2016, le défi est énorme et le départ mal engagé.
Dans les zones rurales où deux habitants sur 3 sont pauvres par rapport à 1 sur 4 en ville sénégalaise, le mot d’ordre de l’exode vers la Capitale est presque donné.
36% d’accès à l’assainissement et une couverture médicale des plus défaillantes ne sont pas les chiffres les plus motivants pour donner le ton d’un Sénégal qui avance dans la même direction.
A croire que le bien-être a été conçu pour la ville comme cela doit être la perception de ces parents dont les enfants se déplacent jusqu’en Gambie pour aller à l’école.
Au même moment, le taux d’analphabétisme demeure encore élevé (54,6%) alors que la fracture numérique est abyssale.
Par ailleurs, dans l’aménagement des services de transport, dans le marché du travail, et dans une certaine mesure dans le secteur de l’éducation, rien ne porte à croire qu’au Sénégal 59 Sénégalais sur 1000 souffrent d’un handicap.
S’ils ne sont cloîtrés dans les foyers, c’est dans la rue qu’on les croise trop souvent, obligés par leur société, à tendre la main.
Autant dire que le Sénégal ne se départira sans doute pas de la politique de la main tendue si les forces humaines censées tirer le carrosse de son développement sont triées par la force de l’exclusion sociale.

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