Une fronde collective : Le droit de grève


Du temps des colons et du prolétariat, la grève était bannie. Qui osait se rebeller contre le maître se voyait recevoir une punition digne de ce nom.

Hé oui, à l’époque la force de travail était prise comme une force animale où les pauvres devaient travailler sans rechigner pour le compte du maître qui était souvent des bourgeois ou aristocrates. Si l’on osait se rebeller, on était traité de pariât et d’anarchiste et l’on risquait même la prison sous la loi Chapelier, le pilori ou une bonne bastonnade jusqu’à ce que la mort s’en suive.

Mais avec la crise des années 30, le vent à tourné surtout après les deux grandes guerres mondiales qui ont fini d’achever les grandes puissances. Il fallait compter sur toutes les forces vives pour reconstruire les nations. Cependant, il fallait passer par l’avènement des droits en l’occurrence le droit de grève. Un peu partout dans le monde ce droit a une portée constitutionnelle.

En droit français, c’est la loi du 27 Octobre 1946 qui a permis d’inscrire dans l’alinéa 7 du préambule de la constitution de 1958 consacré par un arrêt du 16 juillet 1971 qui donne au droit de grève toute sa portée.

Au Sénégal, c’est l’article 25 et suivant de la Constitution qui consacrent ce droit qui n’est que la traduction de la liberté de pouvoir défendre ses intérêts salariaux de manière collective. En effet, cet article dispose que « Le travailleur peut adhérer à un syndicat et défendre ses droits par l’action syndicale, le droit de grève est reconnu. Il s’exerce dans le cadre des Lois et règlement qui le régissent. Il ne peut en aucun cas porter atteinte à la liberté du travail ».

Quand les médecins sont en grève qui sauvera des vies ???

Autrement dit le droit de grève n’est pas un droit individuel mais un droit collectif qui se traduit par la création de coalition communément connue sous le terme de « syndicat ». Un syndicat est une organisation qui est mise en place par les salariés en vue de défendre les intérêts individuels et collectifs des employés. Le poids d’un syndicat se mesure de par sa représentativité qui est calculée en fonction du nombre d’adhérents ou du nombre de branches dans lesquelles il est présent. Cela s’apprécie également à travers les conventions collectives signées avec le patronat.

Cette gestion collective permet d’avoir une voix pesante au niveau des négociations avec le patronat. Mais ce droit reste un droit strictement réglementé surtout dans le secteur public ou certains fonctionnaires n’ont pas ce droit en vertu des dispositions d’ordre public.

Un droit de grève nécessite le respect au préalable d’un préavis qui est souvent d’un mois. Ce préavis permet de débuter les négociations et permet aux employeurs d’entamer les négociations. Ce droit de grève qui se traduit par l’arrêt total ou partiel de travailler ne doit pas empêcher aux autres salariés non grévistes de vaquer librement à leur tâche. Cette grève ne donne pas droit à un salaire et n’entraîne pas la rupture du contrat de travail.

Avec le contexte social actuel au Sénégal, ce droit est usé par le syndicat des enseignants qui fustigent le fait que les engagements pris n’ont pas été respectés par le gouvernement. Il est de même du syndicat des médecins du secteur public qui fustigent également les conditions de travail.

Face à toutes ses revendications et au regard des échéances électorales le gouvernement sénégalais jouent aux équilibristes pour pouvoir contenter tout le monde. Tout en essayant de sauter d’un pied à un autre comme le gouvernement, soyons plus attentifs au droit de grève et aux revendications syndicales.

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