FSF : Pourquoi Diamil FAYE dérange autant ?


La commission de recours de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), la plus haute juridiction du pays en matière de sport, vient de trancher en faveur de Jappo SA, entreprise dirigée par l’expert FIFA Diamil FAYE et qui gère le GUEDIAWAYE FOOTBALL CLUB depuis 6 ans.

Cette décision qui devait sonner la fin, au niveau local en tout cas, d’un conflit qui tient en haleine le monde sportif depuis plus de six (06) mois, est pourtant en passe d’être invalidée par le comité exécutif de la FSF qui s’est auto-saisi du dossier. Du jamais vu dans l’histoire de notre football sénégalais. Mais pourquoi la fédération tient-t-elle coûte que coûte à sortir Diamil FAYE du football sénégalais ?

  • 1- Parce qu’en sport de manière générale, le monsieur est certainement ce qui se fait de mieux au pays

Diamil FAYE est un expert FIFA avec plus de vingt ans d’expérience. Compétence reconnue du monde olympique, il parcourt l’Afrique et le monde pour organiser ou restructurer des fédérations et/ou comités olympiques. Quand il parle de football, qu’on l’aime ou pas, on l’écoute et reconnait qu’il maîtrise son sujet. Son dernier fait d’arme est d’avoir réussi, en tant que conseiller principal de PARIS2024, à donner la capitale française le droit d’organiser les jeux olympiques de 2024.

  • 2- Parce que c’est un homme de principes, un « empêcheur de tourner en rond »

Quand il arrive dans le football professionnel sénégalais en 2011, la première chose qu’il fait c’est de s’approprier les textes qui régissent le football. Et dés sa première réunion au conseil d’administration de la ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP), il donne le ton : il refuse de siéger dans le CA tant que toutes les autres parties (joueurs, entraîneurs, arbitres, médecins du sport etc) n’y sont pas représentés comme le stipulent les textes. Seul, il s’est battu pendant six ans pour qu’enfin en 2017, la LSFP ouvre le CA aux autres acteurs. Comme avec le CA, son équipe du GUEDIAWAYE FC est le seul club professionnel sénégalais qui combat les pratiques occultes (« khons » en wolof) et applique à la lettre cette disposition de l’article 22 des règlements du football professionnel. Transparence et rigueur administrative sont autant d’autres points sur lesquels il interpelle les instances du football. Cela dérange.

Guédiawaye préfère Diamil !
  • 3- Parce que c’est un perfectionniste et un travailleur hors pair

Quand il reprend la gestion du GUEDIAWAYE FC en 2011, le club de la banlieue dakaroise est une formation quelconque dans le championnat sénégalais et qui lutte pour le maintien. Le Président Gackou avait fini de tourner le dos à l’équipe, les salaires n’étaient plus payés, les cadres de l’équipe partis et le club au bord du gouffre. Il crée alors une société GUEDIAWAYE FC.SA, exclusivement dédiée à la gestion du club et recrute des jeunes pour la diriger avec bien sûr des contrats CDI. Cette administration autonome porte le projet « Guédiawaye fc » qui en moins de six ans va mettre tout le monde. Finis les croyances aux pratiques occultes et le laisser-aller, seuls le travail et la croyance en soi guident les actions. De trois sections en 2011, le club passe à huit sections. Les salaires sont payés à temps, la performance organisationnelle est poussée à son maximum et dés 2014 le premier trophée du club est remporté avec la coupe de la ligue. Guediawaye progresse d’année en année (8eme en 2015, 5éme en 2016 et vice-champion en 2017) et le club est cité en exemple partout à tel point qu’il attire des compétences venues d’Europe (Youssou Dabo actuel entraineur de l’équipe nationale U-20, Cheikh Gueye, Maria Boxaider, Kinésithérapeute espagnole etc). Diamil est entrain de confirmer, à travers le GUEDIAWAYE FC à la face des sénégalais, l’adage qui dit : « seul le travail paye ». Mais tout cela n’est pas sénégalais et la réussite du projet « Guédiawaye fc » serait quelque part un échec des instances dirigeantes de notre football.

  • 4- Il ne vit pas du football, il le fait vivre

Consultant international et propriétaire de la marque Jsports (équipementier africain N° 1 et leader aux jeux olympiques), Diamil FAYE a injecté des centaines de millions à Guédiawaye pour en faire un modèle. Son projet était de faire du GUEDIAWAYE FC le meilleur club sénégalais et une référence en Afrique. Il était bien parti. Mais comme il est indépendant, déteste la médiocrité et n’accepte pas de faire partie d’une gestion clanique, il est le « paria » parfait pour ceux-là qui se bousculent pour les privilèges qu’offre notre football.

La commission de recours lui a donc donné raison mais la fédération fera tout pour le sortir du football sénégalais « pour l’intérêt supérieur du football » disent-t-il. Les mbourois qui avaient perdu huit des leurs au mois de juillet dernier apprécieront certainement que le comité exécutif de la fédération ait « oublié » de s’auto-saisir de ce drame « pour l’intérêt supérieur du football ».

Pauvres de nous !

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