Données Personnellement « Exploitées »


  • Google, Apple, Facebook et Amazon détiennent 95% des donnés personnelles (Weborama)
  •  Vous êtes suivis dans l’ombre et vos données sont revendues aux plus offrants
  • A quand une protection responsable en Afrique et surtout au Sénégal ?

Vous êtes adeptes du sport et vous ne vous êtes peut-être jamais demandé pourquoi apparaissent des publicités en ligne, plus suggestives les unes que les autres, sur vos goûts du ballon rond et de ses accessoires ? Cela ne relève pas du hasard. Votre profilage sur Internet est plus qu’efficace et vous devez l’ignorer tout comme le fait que ce 28 janvier était la Journée Mondiale dédiée aux données personnelles.

Presque pareil à de l’espionnage, vos récents achats jusqu’à vos likes, vos messages jusqu’à vos centres d’intérêts, tout, absolument tout, renseigne sur votre identité, vous rend « identifié et identifiable directement ou indirectement » comme il est dit dans la Loi sénégalaise sur la protection des données. La totalité de vos actions est agrégée dans de gigantesques bases de données, croisées, analysées pour faire ressortir la marchandise ou le service idéal à vous proposer.

Une vraie intrusion dans votre vie privée qui permet d’être en mesure de vous proposer jusqu’à votre préférence d’arôme de « Thiouraye ». (rires)

Il s’agit là des « solutions Big Data » qui permettent la collecte jusqu’à l’analyse et l’exploitation de données personnelles brutes pour en extraire des informations utilisées le plus souvent à des fins publicitaires. « Google peut voir ce que les gens cherchent, Facebook ce qu’ils aiment, Amazon ce qu’ils achètent », écrivait la revue britannique « The Economist ». Énorme et inquiétant à la fois !

Vous seuls pouvez créer des données personnelles mais vous ne pouvez nullement en contrôler l’usage. Vous utilisez Facebook, vous acceptez de fait sa politique de gestion de vos données sans véritablement en prendre connaissance. C’est à prendre ou à laisser, dernier choix improbable. L’option cynique existe d’ailleurs de choisir que le réseau social vous montre des publicités qui vous intéressent directement plutôt que d’autres choisies sur le tas. A tous les coups, vous êtes le pion qui n’a pas le choix dans un système publicitaire sophistiqué.

L’enchevêtrement des règlements n’est d’ailleurs pour ne rien faciliter à l’utilisateur lambda qui ne s’y connait pas. Des Etats conscients de la nécessité de ne pas délaisser un enjeu économique mais aussi de respect de la vie privée des citoyens ont pour cette raison déjà pris leurs dispositions pour y faire face.

Mais, dans ce combat pour la protection des données, l’Afrique est encore en reste notamment face aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) à propos desquels Alain Lévy, PDG de Weborama, membre de l’Interactive Advertising Bureau, déclarait qu’ils dominaient « le marché de la data 95 %, tous les autres acteurs réunis n’en détenant pas plus de 5 % ». L’économie numérique prend son envol et est, comme dans le réel, un marché important à investir aux avantages, risques et périls des citoyens.

A côté du libéralisme des Etats-Unis qui hébergent ces multinationales, l’Europe semble la plus regardante et l’Afrique peine à se saisir du problème car il est on ne peut plus difficile d’espérer agir par unité étatique devant des multinationales aux « budgets d’Etats », ce qui aboutit à une forme de syndicalisme mou, sauf que ce sont les miettes des combats des autres qui seront les bénéfices du Continent.

Lundi 11 septembre 2017, c’est le régulateur espagnol des données personnelles qui inflige à Facebook une amende d’1,2 million d’euros « pour avoir exploité les données personnelles d’utilisateurs à des fins de ciblage publicitaire, sans avoir préalablement obtenu leur consentement éclairé ». Lisez bien « éclairé », car l’« Agencia espanola de proteccion de datos » estimait que les conditions d’utilisation du réseau social sont « génériques et manquent de clarté » et qu’un utilisateur de Facebook comme Samba, Modou, Pathé ou encore Moussa Ngom (qui écrit ceci) « avec une connaissance moyenne des nouvelles technologies ne sait pas que ses données sont collectées, stockées et exploitées » jusqu’à « dix-sept mois » après la suppression du compte. En Mai, c’est la Commission nationale Informatique et libertés de la France qui, à son tour, condamne Facebook à 150.000 euros d’amende pour des raisons presque similaires.

Twitter expliquait récemment (en toute transparence…), sa manière de « pister » les internautes du Monde entier dans leur portail et sur n’importe quelle page internet contenant un bouton issu de leur plateforme sauf … pour ce qui concerne les citoyens de l’Union Européenne sauvés par la ténacité de leur Commission Européenne. Les sanctions prévues dans le Règlement Général de la protection des données prévu pour s’appliquer dans les 28 pays de l’UE à partir de Mai 2018 sont d’ailleurs on ne peut plus dissuasives : jusqu’à 4% du chiffre d’affaires de l’entité coupable, soit-elle une multinationale comme Facebook qui y perdrait pour exemple 1 milliards d’euros et s’est d’ailleurs préparé en conséquence en mettant en place « un nouveau centre de protection de la vie privée » avant l’échéance d’après sa Directrice des Opérations. En Afrique pourtant, la volonté ne manque pas avec une convention sur la protection des données qui existe mais la finesse de la question et la subtilité des multinationales laissent en rade les pays africains.

Les dispositions qui se trouvent dans l’article 68 de la Loi sénégalaise : « Toute personne physique a le droit de s’opposer, pour des motifs légitimes, à ce que des données à caractère personnel la concernant fassent l’objet d’un traitement » sont la transposition de la Convention mais son application via sanction concrète d’un de ces géants du Net reste encore improbable. Le problème est dans le pouvoir d’action…

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