NGAAKA, victime des vices blindés d’une société pourrie


Ngaaka blindé, le jeune rappeur sénégalais a été arrêté avec des faux billets de banque. Il est poursuivi pour le délit de mise en circulation de faux signes monétaires, ayant cours légal au Sénégal et à l’étranger.

Encore une victime de l’argent facile, une proie d’une société sénégalaise putride, d’une éducation altérée, d’une jeunesse perdue. Victime d’un Sénégal où les enfants sont réduits à des valeurs marchandes, où ils ne sont plus que des projets de réussite mondaine. L’argent est la seule motivation aujourd’hui. Il est le prisme de notre existence.

Sommes-nous tous devenus fous ? Sommes-nous devenus des Ngaaka ?

Un ngaaka, en fin de compte, c’est un ignorant qui refuse de le reconnaître, qui croit être intelligent, plus intelligent que tout le monde. Il jongle avec son esprit « fowé sa xel » fait des acrobaties avec ses méninges « mouss-mouss lou », essaye de tromper les autres « door » et ressent un malin plaisir à se jouer de l’autre, « kaagnoo ».

Door, fowé sa xel, mouss-mouss lou sont devenus notre principale occupation, notre sport national, la voie la plus rapide vers la richesse, gage d’un crédit social. « Ku amoul gouné nga. Am mbaa déé ».

Quand le succès est au rdv, la dérive vous guette !

Qui d’entre nous n’a pas une berline ou un range sombré en rêves ? Qui d’entre nous ne s’est pas arrêté devant une villa imposante enviant son propriétaire ? Qui d’entre nous ne pense pas à sa revanche sur la société ? Une société qui l’a tant dédaigné parce que « yoroul ».

Ne nous étonnons pas que des filles s’adonnent de plus en plus à la prostitution clandestine ou déguisée, que nos vaillants jeunes bravent la mer pour traverser l’atlantique à la recherche de l’eldorado, que l’on cherche à imprimer de faux billets de banque, que les sénégalais versent de plus en plus dans le gangstérisme, le vol, le banditisme, le maraudage, la chaparderie, le cambriolage, le détroussement …

S’il est coupable, Ngaako Blindé ne serait qu’une énième victime d’une société sénégalaise d’accaparement où la réussite, c’est l’argent. Un Sénégal où l’argent des stars violeurs achètent la liberté, des chanteurs faussaires, des marabouts assassins vendent le paradis aux talibés les plus offrants

Alors Ngaaka, cherche toi des billets de banque, de vrais cette fois-ci, si tu veux sortir du trou.

Précédent Cachez ce luxe que Nous, Pauvres, ne saurions voir
Suivant Politique sénégalaise : Sommes-nous machiavéliques ?

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *