Retour de PUMA : du « baara yeugoo » !


Cela fait déjà une semaine que la presse sénégalaise informe que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a signé un nouveau contrat de partenariat avec la firme allemande PUMA. Si certains parlent de 1,6 milliards sur 4 ans, d’autres évoquent 2,5 milliards sur 5 ans.

Pourquoi ce décalage me direz-vous ? Et bien parce que jusqu’à ce jour – soit une semaine après – la FSF n’a pas sorti un communiqué, ni publié l’information sur son site web (si on peut l’appeler site d’ailleurs), encore moins communiqué sur les réseaux sociaux en son nom.

Ainsi donc, après deux ans de b****l avec notamment la catastrophe ROMAI, la FSF renoue avec PUMA qui, du coup, aura finalement une nation africaine pour le représenter au prochain mondial en Russie. En attendant d’y voir plus clair sur le contrat entre les deux parties, nous allons nous limiter à analyser la gestion globale de l’image de notre football.

A titre d’exemple, à pareille période de l’année dernière, la Fédération Française de Football (FFF) renouvelait son contrat avec Nike pour un montant de 50 millions d’euros (dix fois supérieur à ce que Puma nous donne) et pourtant le jour-même de la signature, la presse a reçu l’information via un communiqué également mis en ligne sur le site de la FFF. Dans le communiqué, la FFF justifiait le choix de Nike en évoquant notamment que « la prise en charge du football amateur » par la marque à la virgule « a fait la différence ». On voit nettement ici que l’instance française cherche, à travers l’équipementier, à satisfaire les besoins d’une vision d’ensemble du football français.

Un puma en perte de vitesse qui court moins vite qu’un Lion

Plus prés de chez nous, la Mauritanie, jadis nain du football africain, est en train de faire des pas de géant et va bientôt nous dépasser si la tendance actuelle est maintenue. En effet, en plus de nous avoir éliminé de la course à la qualification au CHAN 2014, la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) a noué un partenariat avec Attijariwafa bank et contribué à la création d’une chaine 100% sport (AL RIYADYA TV) qui diffuse les matchs du championnat professionnel mauritanien. Au même moment, le Sénégal, « pays de football » nous dit-t-on, cherche une télé pour filmer ses matchs de championnat. Nous n’avons plus de sponsor pour la ligue professionnelle et les clubs champions de la saison passée attendent toujours de recevoir leurs primes de performance. Sacré pays !

Parce que malgré notre palmarès quasi vierge, nous sommes encore respectés en Afrique avec un potentiel énorme. On s’en contente malheureusement. Un état bailleur des équipes nationales sur fond de politique, aucune politique infrastructurelle sérieuse, encore moins de développement du football chez les jeunes, des clubs professionnels tirant le diable par la queue, une fédération incapable de vendre l’image du football sénégalais avec une « stratégie » de communication du moyen âge …

Les maux sont nombreux pour décrire l’incompétence et la médiocrité qui entourent la gestion de notre football. Seul l’argent fait la loi et PUMA l’a bien compris. On se remarie.

En espérant donc que le nouvel élu ne fasse pas comme ROMAI et respecte ses engagements, nous irons en coupe du monde avec l’envie de faire mieux qu’en 2002. Le potentiel est là. Mais comment il sera géré et que ferons nous des retombées de cette participation ? Malgré les assurances du ministre que cette campagne sera bien gérée, nous restons dubitatifs sur l’utilisation efficace et transparente de toute la manne financière générée par la qualification en Russie 2018.

« Thine bou naré nékh bou bakhé khéégn », dit-on. Lougnouy togou ci bopam lagn khamagoul. Allez les lions !

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