« Dioka ngal » Léopold !


Que retenons nous de Léopold Sédar Senghor ? Vous me direz, sans réfléchir, « le Président et Poète ». Pour moi, LSS est par excellence un Homme d’Etat.

Malgré sa taille courte, il était un géant politique. Humainement, il incarnait un sénégalais fier de son identité. Loin de faire des éloges comme il l’a si bien fait, je partagerai avec vous ce que je juge important de retenir de cet Homme hors-pair.

《Géant politique》

Le Président Senghor a été, selon moi, le seul Homme d’Etat qu’on ait connu qui a réussi à gérer une administration inexpérimentée, politiquement, et des opposants de forte armature.

Senghor a discipliné l’administration publique. L’on nous raconte souvent quand il remontait les bretelles à certains suite à des erreurs ou égarements de langage. Un homme dont la rigueur lui conférait un air de géant.

Il a également su maîtriser les opposants de son époque. Dans une interview, Mamadou Dia, son compagnon de première heure, disait qu’il ressentait une admiration pour lui, même s’il l’avait réduit au silence dans une geôle. Une affaire qui mériterait d’être élucidée pour la mémoire des 2 hommes d’Etat. Le savant et homme de sciences, Cheikh Anta Diop, n’a pas pu briller comme il fallait face à la noirceur du Sérère. Senghor avait aussi ouvert l’arène politique donnant accès au mulipartisme en 1974. C’est de là que Wade est entré dans le Game of Thrones.

Mais le coup de maître et de grâce de Leopold dans le royaume de Ndoumbeelan a été son départ du trône en douceur et combien honorifique. Après 2 décennies, il a compris qu’il était temps qu’il parte. Il peut y avoir des raisons non évoquées aussi. Combien de chefs d’Etat l’on fait dans notre continent ? Comptez toujours …. Soit on veut un 3e mandant, soit on allonge son mandat. Suivez mon regard !

《Le culte de l’appartenance》

Senghor forçait le respect. Il n’était pas de grande taille (Diouf), ni beau parleur (Wade), ni trop poli (Macky). Il était lui même, chrétien, sérère, homme de culture et ami de la France.

Il a su être le fils des Khalifs généraux des confréries, principaux piliers de la stabilité sociale du Sénégal. Il avait noué une relation particulière avec eux malgré qu’il soit de confession différente. Ces derniers le privilégiaient même devant des opposants musulmans. Sédar revendiquait sa Négritude et sa Séréritude partout et à haute voix. Cette fierté de ses origines a d’ailleurs fait de lui un homme de culture qui s’est plus attelé à rehausser l’identité nouvelle du Sénégal au détriment de l’économique. Compréhensible quand on sort à peine de la période coloniale. Dans ses écrits, il s’enorgueillit de son teint Noir en clamant la beauté noire. Il a très tôt interpellé nos sœurs à ne pas se départir de leur couleur ébène.

La culture était pour lui la base de toute Émergence. Comprenez « culture » par son sens « identitaire » et vous saurez qu’il avait raison. Le développement de nos jours se fait par le « de nous », « par nous » et « pour nous ». Plus de copier-coller, il faut copier et adapter.

Le Sénégal a perdu son identité. Pour preuve, la seule particularité culturelle qui nous reste, le mbalax, est passée en sourdine au profit de l’Afrobeat. Que dire de nos accoutrements qui me rappellent Lagos, Accra ou Abidjan.

Et au moment où nos jeunes s’entraînent à cette nouvelle danse « Saut », sous d’autres cieux la nouvelle génération développe des solutions technologiques qui feront le succès de leur pays.

Peut-être qu’ un poème senghorien nous fera revenir à la raison. Dioka ngal Léopold, merci !

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