Eau à Touba : Diourom gnari yoon la gueuna cher bou Dakar !


« L’approvisionnement de la capitale du Mouridisme en eau constitue un problème qui nécessite une solution structurelle d’autant plus que le liquide précieux y est gratuit jusqu’à maintenant », dixit Mansour Faye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Faux M. le ministre !

Déjà, le ministre que vous êtes est normalement sensé savoir que depuis 2010, l’accès à l’eau potable est reconnu comme un droit fondamental par l’ONU. Ceci en soulignant que le droit à l’eau potable, salubre et propre est « un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme». Le Sénégal a ratifié tous les textes internationaux sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous. Dans notre dispositif national, nous avons même la particularité d’avoir un Code de l’eau et un Code de l’assainissement. Alors, quelle est cette eau qui est « gratuite » à Touba ?

Entendons-nous : Touba ne dispose pas du réseau hydraulique « classique » de la SONES, qui ravitaille des régions comme Dakar, Thiès et autres, mais a plutôt des forages. Qui ne sait pas que cette eau des forages est saumâtre et de mauvaise qualité ? Peu de sénégalais s’il en existe.

M. Lansana Sakho, DG de l’OFOR (Office des forages ruraux) disait, d’ailleurs, ceci: « Quand vous allez à Touba vous ne buvez pas l’eau du forage, vous achetez de l’eau. 90% des gens achètent l’eau à Touba ».

 

Quelle est donc l’eau bue par 90% de la population de Touba ? C’est l’eau produite et vendue par le comité d’initiative pour l’eau de Touba (ou Mahou Rahmati). Cette eau provient de la mise en route des unités de potabilité de l’eau de Touba avec des machines mises à la disposition de la cité religieuse après accord du Gouvernement Sénégalais et plus précisément du Président Abdoulaye Wade. Il s’agit, de manière plus claire de deux unités de purification d’eau par système osmose inverse d’une capacité (annoncée) de 2.400 mètres-cubes/jour. Le marché portait sur la rondelette somme de plus de 650 millions FCFA et a d’ailleurs fait l’objet d’un contentieux entre l’Etat du Sénégal et le fournisseur qui réclamait un reliquat de 10%.

A la place donc de l’Etat (la SONES), Mahou Rahmati produit une eau qu’elle revend à 4.000F le mètre-cube. Oui, vous avez bien lu : QUATRE MILLE FRANCS CFA. Si vous avez une facture SDE chez vous, vérifiez ! Vous payez 7 fois moins cher que 90% des habitants de Touba. Et ceux qui sont moins aisés pour acheter le baril de mille litres, achètent les bouteilles de 20l à 125 Francs. Faites le calcul !

Et on continue d’entretenir l’ineptie selon laquelle « Touba doit payer pour avoir de l’eau potable ». Comme si Touba ne paye pas déjà trop cher. Les habitants de Touba payent l’électricité et le téléphone : pourquoi ne paieraient-t-ils pas l’eau comme tous les sénégalais ?

Il est temps d’arrêter l’amalgame et la mauvaise foi. Touba était à l’origine un village. Aujourd’hui c’est une ville, la deuxième ville économique du pays. L’approche initiale de construire des forages se comprenait. Tel n’est plus le cas aujourd’hui.

L’Etat du Sénégal n’a tout simplement jamais mis en place une politique structurelle pour régler définitivement ce problème au niveau de la ville sainte et sa communication est plus que médiocre. Aujourd’hui, M. le ministre parle de « la mise en place d’un réseau parallèle (à celui des forages) qui serait payante ». Et bien, c’était si difficile à imaginer que ça ? On attend tout simplement la mise en œuvre.

Pour sortir ce pays du sous-développement, il faut qu’on arrête définitivement la politique politicienne et son lot de bricolages. Et ce dans TOUS les domaines.

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