Diplomatie du ventre


« On ne parle pas la bouche … pleine !»

Jeudi dernier, concluant son récit sur les réactions internationales post- « Trumperie » sur Jérusalem, le journaliste d’un Média étranger concluait en s’interrogeant sur le mutisme des chancelleries africaines contrairement au concert des Nations des 4 autres Continents, réprouvant la position du Président américain : « Faut-il y voir les fruits de l’offensive de charme menée par Israël dans le Continent africain ou une volonté de ne pas froisser le partenaire américain ? »

L’allusion n’était pas vraiment infondée même si certains « camarades anti-impérialistes » ne manqueraient pas, comme à leur habitude, de décrier l’outrecuidance d’un journaliste étranger.

Cependant, au vu des réactions timides et tardives, voire pour la plupart absentes, à travers le Continent face à une injustice notoire, une seule logique vient à l’esprit : « on ne mord pas le propriétaire de la main qui DONNE ». Surtout si elle brasse des milliards, multiplie les offres de coopération faussement désintéressées, soutient des projets de « développement », pallie la faiblesse gouvernante, augmente les prêts et aides mirobolants pour des pays ne pouvant se refuser une manne tombée du ciel au moment de choisir son attitude face à la dérive.

Quand on promet des investissements de 1 MM$, même les chefs d’Etat de la CEDEAO ont dansé en cachette MDR

Toutes les grandes « puissances » le savent d’ailleurs, « l’onction diplomatique » peut s’obtenir par les finances, il suffit de bâillonner les « bouches austères » à grands renforts d’injections monétaires pour s’éviter une « injonction » malvenue, comme le dit l’adage : « On ne parle pas la bouche … pleine !»

Que ce fût Taiwan et son contentieux avec la Chine, que ce soit depuis quelques temps Israël et les nombreux Etats africains dont les votes défavorables (insignifiants d’ailleurs sur ce qui se fait à l’Assemblée Générale des Nations Unies), font tout de même tache sur le col blanc du délinquant international au point qu’il veuille renverser la tendance, c’est toujours par l’économie qu’on s’assure le soutien international et les revirements historiques constatés en sont illustratifs.

Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts et pourtant c’est à contre-courant que Nelson Mandela agît en prenant position ouvertement pour la liberté du Peuple palestinien tout comme quelques années avant son acte Thomas Sankara médusait l’assistance et plus particulièrement son hôte François Mitterrand en critiquant la réception du Président Pro-Apartheid sud-africain Pieter Botha par la France.

Si la diplomatie est un art aux multiples subtilités où on se dit les choses, avec une langue de bois comprise que par une minorité, la vérité, elle, quelque soient ses tournures, ne varie pas et il faut d’autant plus la tenir surtout quand pour les Peuples qu’on dirige, la dignité est une valeur cardinale tout comme l’opposition à toutes formes d’injustice même si le matérialisme tend à prendre le pas dans les relations internationales.

Auteur : MOUSSA NGOM

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