DPG : Vous m’avez déçu M. Dione !


En citoyen, ordinaire, qui a droit à savoir ce que projette notre gouvernement en termes de projets de développement, je m’attendais à une Déclaration de Politique Générale (DPG) bien riche en projections, en chiffres et en projets. Celle que nous a livrée le Premier ministre Boun Abdellah Dione, ce mardi 05 décembre, m’a rappelé qu’on était à un an de la Présidentielle. C’était tout simplement un meeting. Je m’explique.

Le gouvernement Dione 2 n’avait pas encore présenté sa Politique Générale, ou plutôt celle du Chef de l’Etat, devant le Peuple, représenté par ses « députés » juste après les législatives. Plus impatients que les pauvres sénégalais, spectateurs de cette mascarade rodée entre acteurs et réalisateurs, les députés n’ont pas manqué d’applaudir de leurs mille mains. Même quand le PM à se réhydrate, ils accompagnent sa gorgée de vives acclamations. Désolant !

Depuis 2014, vous n’aviez pas rendu compte de vos objectifs, prévisions et réalisations. Est-ce la nostalgie qui vous a déstabilise au point de rater ce rendez-vous de la communication et la transparence politiques ?

Un PM ne doit pas être un suiveur …. vous devez être un leadeur qui met en oeuvre un programme et non faire du sambaay mbéyaane au Chef d’Etat

《Un Bilan au lieu d’un Programme》

Cher PM, devant nos représentants – qui ne représentent qu’eux mêmes – vous avez le devoir de nous exposer votre programme dans le court terme, ou plutôt d’ici 2019. Cet exercice vous semble difficile quand il vous faut condenser toutes les réalisations du Président dans votre discours. Attendez, nous ne sommes pas encore l’heure du bilan. Vous l’avez déjà fait, souvenez-vous, durant les législatives que vous avez gagnées fièrement.

Qu’est-ce-que vous comptiez faire pour booster les productions agricole, énergétique, industrielle ? Le secteur privé s’inquiète face aux multinationales et entreprises africaines qui toquent à notre porte. Qu’allez vous leur dire pour les rassurer ? La croissance de notre PIB est à 6%, une performance au niveau africain. Que faire pour maintenir le cap à défaut de le doubler ? La dette publique frôle le suicide selon la Banque Mondiale. Comment sortir de la dépendance aux capitaux internationaux ?

Certains de nos frères sénégalais en sont au niveau « zéro espoir » et prennent le large au risque de tomber dans l’enfer libyen. Qu’allez vous faire pour les rapatrier et les retenir sur les terres de leurs ancêtres ? L’école produit peu de jeunes prêt-à-l’emploi. Que faire pour que ces chômeurs soient producteurs ? Certains mangent difficilement à leur faim. Comment y mettre fin ? Les morgues de nos hôpitaux sont devenues des grand-places puisque beaucoup de vies y prennent fin. Où en êtes vous avec les machines de radiothérapie ?

Les urgences sont brûlantes et vous en avez évoquées aucune.

Vous nous avez fait perdre beaucoup de temps en cette journée nulle. Vous pouviez juste faire un mémorandum et le distribuer aux députés. De toute façon ils ne vous ont écouté que par devoir.

wéétale nganiou … le député du peuple

《Un QCM au goût de lémm》

Quand un député est en face du PM, il doit être tel un professeur qui évalue un élève. La DPG est loin de ce scénario, c’est plus du « sant nanioula, guereum nanioula ». Peu de questions pertinentes sont sorties de la bouche des députés de la maigre opposition parlementaire. Toute la DPG était que du « lémm » (miel) pour lui.

Même les « gentle-maras » et le grand serigne de l’hémicycle ont péché durant cette fête de la majorité présidentielle. Je vous comprends. Il est difficile de résister à la tentation de dire la vérité pour la Face de Dieu quand son passeport est diplomatique, sa berline climatisée est ivre de bons de carburant et son compte bancaire est bourré de zéro.

Un Sonko, un Cheikh Bamba Dièye et un Madické Niang m’ont soulagé. Seulement leurs speechs étaient écoutés par des sourds-muets. Certains parlementaires, nuls comme tout, faisaient le « ara » d’un bilan déjà ruminé avant d’être servi.

« La vengeance est un plat qui se mange froid » disait l’autre. Le vôtre n’attendra pas l’hivers ni trop de temps pour changer de goût. 2019 est certes une date fatidique, mais préparez-vous à une nausée ou à une intoxication.

Monsieur le Chef du Gouvernement, vous m’avez laissé sur ma faim. Soyez un chef étoilé, un créateur de saveurs, et non un simple serveur ou garçon de table.

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