Revue de presse « Dinama Neex »


Bismilaaaaaaaah !

La revue de presse au Sénégal est un phénomène de société. Elle a rompu avec la manière classique, teintée de sérieux et de rigueur. Elle est devenue ironique, elle frise la comédie. Elle est faite de commentaires, d’exagérations, d’orientation de l’opinion qui se manifeste tant dans la tonalité de la voix que dans la manière dont l’information est délivrée.

Il y’a une théâtralisation manifeste dans le but de donner un caractère sensationnel ou dramatique à un événement ou une actualité, la dimension émotionnelle passe au premier plan grâce à une orchestration et une mise en scène.

Et pourtant, c’est un procédé journalistique avec ses règles. Elle doit être une synthèse des titres à la une des quotidiens avec pour finalité de donner un aperçu aux auditeurs ou de susciter l’envie d’acheter tel ou tel journal.

Mais le constat est là, la revue comique de la presse est un succès. Il suffit de prêter une oreille à son environnement immédiat ou de prendre les transports en commun pour constater qu’il s’agit d’un « rituel » inscrit dans le quotidien de larges couches de la population.

Son succès peut être expliqué par sa tendance à s’intéresser aux aspects les plus sensationnels de l’information (la vie privée, les personnes, les faits « croustillants »…) dans un langage simplifié accessible au sénégalais lamda. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un certain niveau pour comprendre les deals en politique, les stratégies en économie, ou les enjeux en sport.

Les ténors de la revue de presse : Ahmed Aidara et Mouhamed Ndiaye … ils ont enterré la hache de la guerre

Les principaux tenants de cette façon de faire la revue de presse se targuent de ne pas avoir besoin de faire les grandes écoles du journalisme pour avoir une place dans ce milieu. Ils font la revue de presse comme cela se fait dans la rue, ils n’ont pas besoin de l’apprendre ou d’être un journaliste, ce qui compte c’est l’audience qui en résulte. Audience dont les responsables d’organes de presse raffolent. Ils sont des chefs d’entreprise, payés pour faire des performances pour rentabiliser les investissements. La vision pragmatique qui semble s’imposer est « il faut faire ce qui marche » semble être un leitmotiv partagé.

Ainsi, on se rend compte que la théâtralisation devient un procédé de légitimation par détournement et déconstruction. A la base, c’était pour se faire une place dans un milieu qui à l’origine était très codifiée et normée. La pratique théâtralisée a procédé en bousculant les habitudes établies et gagner une reconnaissance sociale dans le corps professionnel mais surtout dans la société.

Cette pratique peut être une manière spécifique d’exercer ou tout simplement une stratégie qui corrobore avec les perceptions des couches sociales qui consiste à hisser l’existence médiatique à la hauteur de la place que les médias occupent dans l’imaginaire populaire.

Au Sénégal, tout le monde veut être une star, même si c’est pour un moment, un instant, à n’importe quel prix. Cette impression d’être célèbre en renvoyant une image de soi par une identité d’emprunt, idéal, fantasmé qui s’entremêle avec son identité de base constitue une réalité. Ce qui peut permettre de penser que ce n’est pas simplement la revue de presse qui est théâtralisée mais la société qui est dans une tendance de théâtralisation accentuée.

Jeureungééne jeeeeufff !

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