Sexe un jour, sexe pour toujours !


A un certain âge, la fille devient femme. Un jour, elle voit un liquide sortir en elle, c’est une surprise, elle ne sait pas ce que c’est. Elle court vers sa maman pensant qu’elle est malade, sa mère essaye ainsi, dans un phrasé difficile de lui expliquer que ce sont des règles. Les premières règles chez la jeune fille, un sujet tabou ? Non, ce n’est pas un sujet tabou, cela ne doit pas l’être. Un tabou est une prohibition, dont la violation peut entraîner des conséquences négatives à l’échelle sociale. Donc, s’entretenir avec ses enfants de questions sexuelles n’est pas un tabou.

Par contre, au Sénégal, les relations entre les parents et les enfants sont teintées d’une pudeur telle qu’il parait improbable de discuter de certains sujets. Les usages, les us et coutumes, la tradition imposent une pudeur forte dans les relations entre parents et enfants. Parler de menstruation à sa fille devient donc délicat.

L’étape des menstrues dépassée, la jeune femme est laissée à elle-même. Son corps se modifie, ses seins poussent, ses rondeurs apparaissent, elle se rend compte qu’elle ne passe plus inaperçue, elle devient une proie face à une meute de males aux aguets. Laissée à elle-même, elle essaye de comprendre et recoupe des bribes d’informations éparses à travers les discussions avec ses copines, la télé et l’internet mais elle ne recevra jamais aucune éducation sexuelle digne de ce nom durant la période post adolescence où elle en a le plus besoin.

Pour assumer leur sexualité, certaines développent une addiction aux drogues pour alléger leur souffrance

Elle devient active très tôt et se donne à son premier amour pensant que c’est le meilleur moyen de le garder. Elle vit ses premières expériences sexuelles, avec l’innocence et l’insouciance de la jeunesse. Elle prend goût jour après jour aux délices des ébats, elle s’enferme dans une bulle érotique, jurant amour et fidélité à ce premier amour qui représente son alpha et oméga.

Ce dernier quant à lui, l’alpha apprendra sur le tas comment fonctionne sa sexualité, se perfectionnera à l’aide des films érotiques et testera sa virilité à la première occasion. Aucune conséquence sociale pour lui, ni vu ni connu. Personne ne se demande si tel homme est puceau avant son mariage ou pas, ce n’est important pour personne.

La première rupture amoureuse est brutale, dure, elle se rend compte qu’elle s’est donnée à quelqu’un qui n’en valait pas la peine. Mais le coup est déjà parti, impossible de revenir en arrière. Elle a perdu ce qu’elle a de plus cher, sa dignité, son identité, sa virginité.

Elle n’a plus rien à perdre, sa sexualité devient son arme de séduction. Par plaisir ou par nécessité, pour de l’argent ou par amour, elle couche désormais n’importe où avec n’importe qui.

Une série qui sensibilisait sur le « Mbaraan » qui promeut la forte activité sexuelle des filles

Elle ne sait pas que les rapports sexuels éprouvent, fatiguent celui qui le fait, si on le commence à 15 ans, à un rythme frénétique, avec une ardeur qui frise la pornographie, à 35 ans, on deviens une fleur fanée, épuisée, une loque.

Détrompez-vous, les garçons aiment sortir avec les filles qui ne sont pas vierges, c’est à la mode, mais ils préfèrent se marier avec des vierges. Aucun homme ne veut être avec une femme qui a déjà connu plusieurs hommes. Le grand père WADE avait émis l’idée des badienes Gokh. Cela pourrait aider sachant le rôle que jouent les badienes dans les familles. Elles sont dans une certaine mesure dépositaire de l’histoire de la famille du côté du père, donc elles jouent le rôle d’un second père. Leur communication directe est très acceptée dans les familles, ils peuvent donc légitimement aider dans la communication sexuelle.

La communication entre filles sur la sexualité est très courante, dans les écoles et universités, sur les forums et dans l’intimité de leur chambre, les filles discutent de leurs problèmes sexuels. Est ce qu’elles se donnent la bonne information ? Rien n’est moins sûr. Quant à se déplacer physiquement, c’est moins évident. Elles évitent si possible de fréquenter les endroits comme les Centres de Conseil ADO parce que le risque de stigmatisation est réel. C’est en ce sens que les numéros verts et les sms constituent des moyens de communication efficaces.

 

Précédent Pauvre de nous !
Suivant Urgences médicales : Bonjour la mort

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *