Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es !


Une autre carte postale de Dakar

Les hommes naissent libres et égaux.

En principe, la liberté donne aux hommes le droit de circuler ou de résider où ils le souhaitent. Mais dans les faits, les hommes naissent avec une couverture en or ou un linceul, leur liberté d’action et de mouvement dépend de l’histoire mais aussi et surtout des moyens financiers. L’histoire, la naissance, la lignée assurent certes certains avantages, mais le pouvoir financier procure à son détenteur la latitude de choisir son lieu d’habitation selon sa préférence (vue sur la mer, assainissement, sécurité etc.).

Le choix du lieu de résidence n’est donc pas gratuit, les sites d’habitation sont cotés, ce qui est de nature à produire les ségrégations qui peuvent revêtir différentes formes. Le Sénégal et sa capitale Dakar n’échappent pas à cette réalité urbaine.

Les Dakars !

A Dakar, l’espace s’affecte par une distribution des espaces qui favorise souvent les couches de la population les plus fortunées. Les inégalités urbaines reflètent aujourd’hui les inégalités sociales alors que jadis, la répartition urbaine au même titre que la stratification sociale ne répondait pas vraiment à une logique économique mais symbolique, ce qui dans une certaine mesure assurait une certaine mixité dans les habitations.

Cette répartition économique de l’espace à Dakar se comprend si on considère ses 3.500.000 habitants sur une superficie globale de 550 km². Il suffit de dépasser Diamniadio pour constater que l’urbanisation industrielle du Sénégal est très limitée, les activités économiques sont concentrées sur un espace exigu qu’est Dakar. Cette concentration a pour conséquence pollution industrielle, embouteillage, accidents, agressions, promiscuité, bref un mal vivre endémique.

Diamniadio , vitrine et ville futuriste … et les vieux quartiers inondés dans tout cela ??

Les rares quartiers qui échappent à ces réalités urbaines sont très chères. Ce sont des quartiers où tout est en place pour un cadre de vie agréable, eau, assainissement, sécurité et où des modes de vie sont définis, des sociabilités mises en place. Ce sont des quartiers chics, des habitants chocs, un calme plat et un silence d’hôpital.

Ces types d’habitation sont en contradiction avec la majorité des quartiers. Inondation, absence d’assainissement, manque d’eau constituent le lot quotidien de ces gens. Ils n’ont pas le choix, ils restent sur place, qu’il pleuve où il qu’il vente. Il y’a un idéal type de sénégalais, pauvre d’habitude, qui n’est pas doté de capital social ou économique qui y élit domicile. Habiter dans un quartier pauvre n’empêche pas aux résidents de nourrir un sentiment d’appartenance, de monter une certaine fierté d’être d’un tel terroir social. Cela renforce le tissu de relation qui les lie et se manifeste à travers le sport ou la culture. Mais cette cohésion sociale se voit très souvent menacer par la pauvreté, le chômage, la marginalisation et l’exclusion sociale.

Les politiques d’assainissement mises en place par l’Etat n’ont jamais abouti aux résultats escomptés dans les quartiers pauvres. Les politiques d’habitat ne prennent pas en charge non plus ces personnes qui n’ont pas de revenus fixes.

Diamniadio, l’antichambre

Diamniadio est une bonne idée. Le fait de penser à son industrialisation devrait constituer une locomotive pour le développement urbain de cette nouvelle ville. L’industrie a en effet besoin de bâtiments administratifs, de logements ouvriers, de réseau de transport etc., ce qui lui permet d’accumuler des services et des commerces, de produire ainsi des richesses pour le développement de la localité. Dakar se verra peut-être décongestionné.

La mauvaise idée serait de faire de Diamniadio un réceptacle pour nouveaux riches, avec Lake City avec ses appartements à coût de dizaines de millions, des infrastructures de dernière génération qui ne profiteraient qu’à une certaine élite au détriment de la majorité des populations. Ces dernières considèrent Diamniadio comme une chance de trouver un emploi dans la cité économique et d’acquérir un habitat social dans un cadre acceptable à un prix raisonnable.

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