Le « 5 septembre » en 5 faits historiques


Le Sénégal est un grand pays. Grand dans l’Histoire de ses hommes et femmes. De ces hommes, ceux dits de Dieu sont impressionnants plus de par leurs actes que de par leur nom. Celui qui s’est illustré en un 5 septembre 1895 est, sans parti pris, le plus héroïque.

Cheikh Ahmadou Bamba a marqué l’histoire en ce jour où les autorités coloniales voulaient museler ceux qui étaient écoutés pour la Parole de Dieu. Elles ont décidé de sa déportation au Gabon.

Loin des prêches et des « daanou léér », retenons 5 faits qui devraient être célébrés comme actes inédits et patriotiques.

1 – Une foi inébranlable

« Face à la mort, seuls les véridiques mourront » disait un sage. Face à la menace de mort, Cheikh Ahmadou Bamba a gardé sa foi intacte devant cette assemblée à Ndar (St Louis). Sa foi inébranlable ne s’est pas limitée au bureau du Gouverneur et pour preuves combien de fois a-t-on éprouvé sa foi qui ne faisait qu’émouvoir ceux qui l’avaient déporté et retenu en résidence surveillée. De plus, la prière surérogatoire qu’il a exécutée dans ce bureau a pris de court plus d’un. Les colons se voyaient offensés alors que lui accomplissait naturellement, comme à son habitude, la prière par dévotion envers le Maître de l’Univers. Il est « Abdoulahi », celui qui craint et adore son Créateur.

2 – Le seul et vrai résistant

Combien de résistants (armés comme pacifiques) ont été tués ou réduits au silence par cette même assemblée de l’AOF ? Le Cheikh lui est revenu sans égratignure du Gabon malgré moult tentatives d’assassinat. En terre « bantoue » il était seul, en terre « maure » il était entouré d’érudits. A « Thiéyéne » et « Ndiarém » c’étaient les psalmodies qui retentissaient de partout. Sa mission a été poursuivie et personne ne l’empêcha de l’accomplir. Il est l’unique résistant à vrai dire. Les autres ont été terrés dans des cimetières ou contraints au silence mortuaire.

La guillotine faisait taire tout le monde.

3 – Un procès calomnieux

Les éléments qui avaient poussé le Conseil Privé a condamné le Cheikh parmi plus de 80 autres autorités religieuses se sont avérées calomnieuses. Son refus d’obéissance à un compromis a été compris comme une offense à l’autorité temporelle. Le Cheikh ne préparait point de guerre. Les mourides n’étaient pas des guerriers. Ils bataillaient contre les interdits de l’Islam et les tentations charnelles : Jihad Nafs. Seulement, le Cheikh sera de retour des déportations (Gabon et Mauritanie) et les poursuites seront abandonnées. Les résidences surveillées (Diolof et Diourbel) ont été une forme d’astreinte pour montrer à tous que le Cheikh était encore privé de sa liberté de circulation. Mais, les allégations étaient fausses. Les chefs d’accusations se sont avérés fallacieux. Et pourtant, aucune indemnisation n’a suivi cette période d’abus, de privation. Aucun grief ne fut évoqué de sa part puisqu’il se suffit à son Seigneur. Sa famille aussi n’a jamais demandé à être dédommagée ni même à se plaindre du traitement inhumain et injustifié dont le Cheikh a fait l’objet.

4 – Une référence nationale

« Ngor » (Honneur), « Diom » (Dignité), « Fitt » (Courage), ces vertus purement sénégalaises ne sont plus portées par nos compatriotes. Cheikhoul Khadim lui a préservé ces valeurs durant et après ce procès. Son honneur envers un engagement auprès de Al HAQ (La Vérité) ne lui permettait pas de revenir sur sa parole. Il voulait être le Rénovateur de la Sunna Prophétique. Sa dignité d’érudit ne lui accordait pas la largesse de demander où il sera acheminé durant cet exil. C’est une fois sur « Ville de Pernambouc » (le bateau) qu’il saura sa destination. Et enfin, son courage lui a valu de faire face à multiples tentatives pour faire échouer son projet sociétal. Toutes ces tentatives étaient vaines et chacune d’elles le rapprochait de son but ultime. Il devenait « Khadimur Rassulilah », le serviteur de l’Envoyé d’Allah.

Boudoulewone ak sa dém gui mo kone wolof nasseranou

5 – Une fierté pour l’Islam

Cet exil du Cheikh s’est soldé par un échec. Ahmadou Bamba est rentré au Sénégal et sa confrérie, la dernière née en Afrique de l’ouest, s’élargissait en nombre et en hectares. Une victoire pour les religieux, toutes appartenances confondues. Le fondateur du Mouridisme est une fierté africaine, une fierté pour l’Islam. N’eut été son retour d’exil, aucune confrérie n’aurait pu survivre. Pour cela, tout le Sénégal lui doit un hommage. Ô hommes intègres, célébrez ces actes héroïques. Dites merci pour le Sénégal, pour une indépendance de culte. La laïcité dont nous nous vantons n’a eu de sens qu’avec son retour d’exil. Il a arraché la liberté de culte des mains des colons qui ont finalement accepté son Islam. Le sien était l’Islam de la Paix.

Aujourd’hui le monde est terrifié par l’extrémisme. Bamba lui a montré par l’exemple un Islam pacifique malgré l’assignation du 5 septembre. C’est ce legs qui est le patrimoine immatériel du Mouridisme orthodoxe.

Sous d’autres cieux, des Hommes se basent sur les enseignements et les actes d’un Martin Luther King, d’un Gandhi, d’un Mandela pour développer leur pays et conserver leur legs … Où en sommes-nous chers compatriotes ?

Jajeufé Bamba !

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1 Comment

  1. 6 septembre 2017
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    Bien rédigé sans daanou lol, le type de discours réfléchi qui doit prévaloir Sur Les daanous

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