Tabaski : casse tête moutonnier


« Sou tabaski dioté waw baniou réndi khaarr yaa … ba nianalanté, koulo tognone nanko baale » Bilahiii, mouton va tuer l’homme !

Tu vois un « borom keur » égorger son mouton et c’est comme Messi qui marque contre le Real de Madrid : bonheur familial total. Mais, seul dans sa chambre, il versera des larmes chaudes pendant que la chaire du mbéé grille sous les feux de bois.

Comment ce père de famille a fait pour attacher mouton dans sa maison (parler ivoirien) ?

Certains ne dorment plus depuis qu’on a dit que « kharr da manké ». Ils ne pensent plus au mouton ou à sa taille au galop précommandée par madame qui menace en pointant du doigt son arsenal nuptial.

A chacun son mouton

Non. Il pense à la dette qu’il mettra autour de son coup pour honorer sa progéniture.

Chacun s’attèlera à ce qui l’intéresse au soir de cette fête.

Les enfants feront les présentations avec leurs amis du quartier avant le jour et arracheront au mouton ses petites roues (rires). La dame pense envoyer un gigot à sa « goro ». Les filles s’arment de leurs smartphones pour la séance shooting près des fourneaux et la « taathieu agnou Tabaski ». Le papa lui priera Dieu pour que le mois fasse 5 jours afin qu’il résolve ses dus.

Le mouton, symbole du sacrifice d’Ibrahim, est devenu une denrée rare.

Eh bien, les imams y sont pour quelque chose. Ils nous ont gavé de discours parlant d’un gros bélier déposé par l’Ange Gabriel. Depuis, c’est le stress total pour la Tabaski.

Plus de « rayy mou déh » ni de « tapp ». Il faut un joli « bali bali » viril et à la toison fournie et propre. Whatsapp et Snap obligent, la vidéo sera partagée entre « samay ndawléé ».

Et pour ces gens que j’admire, les gradés, ils devront débourser le double ou le triple et parfois le quadruple. Chouuuuu … sur ce plan je ne vous plains pas. Minimum un 300.000 FCfa en raison de 150.000 pour un mouton. Et puisque la bonne gouvernance est obligatoire pour les polygames, il faudra les acheter en même temps et les photographier côte à côte pour jouer carte sur table. Attention au « ehh … ki moma eupalé guééneu » (rires).

Les nouveaux mariés qui ont hâte de fêter cette année comme « Mr et Madame » vont se tuer à la hache, oups à la tâche. Ils vont se lancer dans la course si difficile de « kharr » et « khotti » (habillement).

Khar mou makk rek wala dara

Pour d’autres, on devra aussi envoyer une tête chez ses beaux-parents et chez ses propres parents. Donc un triplé de Christiano Ronaldo. Remontada !

Pendant que certains mâcheront du mouton et dégusteront ce si bon festin de tabaski, beaucoup ne feront malheureusement pas la différence entre cette grillade et le chewing-gum. Ils ont la tête ailleurs, loin des papilles gustatives.

Tout cela parce que la société sénégalaise nous expose à plus de charges que le Bon Dieu même nous impose. Seulement, tous ne disposent pas des mêmes moyens et certains devront se tailler les vaines pour un mouton. Ils seront morts avant l’Aïd Kabir.

Yallah naniou kharr yombou waaye … amiiineeee … bonne fête !

 

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