Le retour du Cas-Qatar (Kakatar)


Quand deux gros béliers se donnent des coups de cornes, les brebis n’ont qu’à se tenir à l’écart

Comme un débutant en conduite automobile, la diplomatie sénégalaise confond souvent vitesse et précipitation. On mélange les pédales sans faire pédaler les méninges.

Après Israël, on renoue avec le Qatar tel un Kakatar (caméléon). A quoi bon de changer de camps, pour ne pas dire de couleurs, pour des coups de têtes diplomatiques.

Notre pays va vite en besogne, je trouve, dans les conflits géopolitiques. En tant que pays partenaire de plusieurs émirats, nous devrions jouer la carte de la prudence. Mais bien souvent, nous sommes les premiers à nous ranger derrière Ryad « dans l’esprit de solidarité islamique » comme renseigne le communiqué du Ministère des Affaires étrangères sur le retour de l’Ambassadeur sénégalais au Qatar.

Le Qatar, un grand partenaire gazier à ne pas louper

Un rappel d’un ambassadeur qui a duré plus de 3 mois n’est plus une simple consultation. C’est une hospitalisation (rires).

Dans un article intitulé « L’accord du désaccord » La Tribune 221 mettait en évidence l’étrange coïncidence entre l’accord de Ryad et l’embargo de Doha. Certains pays africains, dont le Sénégal, s’étaient empressés de se frayer un chemin dans ce conflit du Golfe. Comme on le dit si bien en wolof, « quand deux gros béliers se donnent des coups de cornes, les brebis n’ont qu’à se tenir à l’écart ».

Sur le plan économique, nous avons besoin de l’expertise du Qatar dans le domaine gazier. Ce petit pays est le premier producteur de gaz liquéfié. Nos nombreuses découvertes gazières seront un point de jonction avec cet émirat pour développer une nouvelle coopération. Une diversification des partenaires rendrait la production plus compétitive et bénéfique.

Ceci étant, rien ne changera dans nos relations avec l’Arabie Saoudite qui est notre premier partenaire de la région. Il faudra défendre ses intérêts en premier avant de s’ingérer dans des différends entre des pays voisins et cousins.

Tout ce que l’on sait du deal : un marabout, un ancien ministre, un gracié… la suite c’est au Qatar

En plus n’oublions pas que le Qatar a enlevé l’épine Karim du pied de l’État. Ce deal Dakar-Doha n’est pas une mince affaire pour qu’on mette brutalement en quarantaine nos relations diplomatiques. D’ailleurs, Gorgui a failli mettre à nu les dessous de l’intervention qatarie pour son fils. Menace du régime en place, « nous allons rendre public la lettre de l’Émir si Wade persiste » déclarait un des commis du Palais.

Grosso-modo, le Qatar n’est pas un mauvais allié pour nous. La crise n’est pas encore réglée après 3 mois de heurts entre frères du golfe persique.

Prudence alors et gardons un pied sur la pédale à frein !

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