Libérez Dakar !


Khaalal leen yoon wee !

En matière de désencombrement, les artères de la capitale sénégalaise ont du chemin à faire.

Au-delà de son aspect administratif, la libération de l’emprise des rues pose la problématique du rapport de l’Africain à la rue, ou en général, à l’espace public. « Mbed buur leu » (la rue n’appartient à personne) a-t-on l’habitude d’entendre. Dès lors la porte est ouverte à toutes les dérives.

Aux coins des rues et aux feux rouges, il est devenu presque banal de voir, des familles entières faire la manche.  La rue reste leur domicile. Ils la squattent à longueur de journée. La plupart y dorment et y font leurs besoins les plus élémentaires. Et bonjour les maladies du péril fécal.

Dans une autre mesure Dakar est devenue trop exiguë pour contenir le trop-plein d’habitants. La population citadine ne cesse d’augmenter, alimentée par l’arrivée de ruraux. Les come-on-town ne le prenez pas mal. Rires.

La faute est largement imputable aux gouvernants qui n’ont pas pris en compte cet aspect dans leurs politiques d’aménagement. Dakar étouffe. La banlieue n’en peut plus.

Il est devenu impératif d’assainir la voie publique

Il faut que les politiques réaménagent l’espace occupé anarchiquement. Beaucoup de commerces ont pris un ou deux mètre sur le trottoir. Certains ont même construit des boutiques et investi des millions de FCFA. « Daniouy daane sounou doolé, out lounou yoboul njaboot gi rek », nous rétorque-t-on.

Qui ne se souvient pas de l’occupation anarchique du rond-point Sandaga de ces dernières années. Des vendeurs à la sauvette y avaient pris leurs quartiers, étalant à même la chaussée leurs marchandises. Pendant ce temps les bouchons tiraient en longueur sur cet axe névralgique du centre-ville de Dakar.

Pour les piétons et les éventuels clients, il fallait zigzaguer entre voitures et personnes pour trouver son chemin. Le tout sous l’ambiance délétère des pots d’échappement et des concerts de klaxons rythmés par le vrombissement des moteurs. Aujourd’hui l’ambiance y est toute autre. La police n’est pas bien loin.

Dernièrement le gouvernement sénégalais avait  entrepris de débarrasser la capitale de sa pléthore de mendiants et autres talibés. Malgré l’opération de « retrait des enfants de la rue », ils sont encore des milliers à arpenter la capitale pour trouver une âme charitable. La décision qui a fait la Une des médias pendant un certain temps était-elle au fond une mesure politique comme tant d’autres ou juste du tape-à-l’œil ?

Dans une autre mesure la nuisance sonore semble être une spécialité bien sénégalaise. On n’hésite point à augmenter les décibels pour vanter à qui veut l’entendre les mérites de son produit. Dans les transports en commun, il est bien difficile de voyager en silence à cause de la musique distillée à longueur de trajet. Tass mbaqq ji day melni touleek maalé.

Même une fête religieuse est prétexte à tympaniser le voisinage toute la nuit. Sûrement que pour les organisateurs la promesse d’un futur céleste meilleur en vaut le coup. Yaalla yaana.

Ibrahima NDIAYE

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