Le Président SENGHOR reste aux commandes


Rassurez-vous : le président poète, n’est pas revenu du royaume des disparus. Le Senghor dont nous parlons ici est avocat et se trouve être le « nouveau » président de la fédération sénégalaise de football (FSF).

Oui, ce dimanche aux environs de 2h du matin (2h oui !), le président sortant a été réélu au second tour avec 260 voix contre 151 pour son adversaire. Mais oh que ce fut laborieux !

Une candidature pour un troisième mandat décrié par beaucoup, une commission électorale illégale, des ligues régionales non installées, un fichier électoral non transparent avec 20 associations fictives décelées le jour du vote…les manquements liés à cette assemblée générale ont été multiples.

N’empêche, le ministre des Sports est venu présider la séance et le superviseur de la CAF a pu constater combien notre football est orphelin d’un management rigoureux.

Me rempile aux commandes du foot sénégalais

Me Augustin Senghor rempile donc pour quatre ans, pour la troisième fois consécutive et avec l’objectif de « finir ce qu’il a commencé » dit-il. Bilay sénégalais mo beug ngour !

Justement, faisons un petit bilan de ses huit ans de présidence. Côté résultats sportifs, il peut (et ne s’en prive pas d’ailleurs) se targuer d’avoir réussi à amener deux fois de suite nos U-20 en coupe du monde et d’avoir remporté un trophée continental (championnat d’Afrique) avec la même catégorie.

Pas mal pour un pays qui n’a jamais eu de réussite chez les jeunes…comme chez les grands d’ailleurs.

Yakaar bou tass rék !

Yakaar bou tass bobou mo gnou dalati ci 2017 ak équipe nationale A. Une équipe de rêve que tout le monde voyait vainqueur de la CAN 2017. Au finish, elle s’est arrêtée en ¼ de final. Gnibicé ki rongogne !

Face aux critiques, l’équipe dirigeante brandit le manque de chance (battus aux tirs au but par le futur vainqueur) et la jeunesse de l’effectif. En bon sénégalais, on est suffisant et on voit toujours le coté positif de la chose quand nous portons la responsabilité d’un échec. Motakh démission bokoul ci sounou dictionnaire.

Malgré un championnat de jeunes quasi inexistant, une équipe A première au classement FIFA (pendant la CAN) mais éliminé en ¼ et des clubs de ligue 1 systématiquement éliminés au premier tour des éliminatoires de la Ligue des champions, Me Senghor veut croire qu’il est sur le bon chemin et qu’il pourra y arriver si on lui laisse encore quatre ans.

Dieuleul Me, 2021 soriwoul.

En attendant, nos clubs professionnels continuent de n’être professionnels que de nom, nos jeunes jouent en moyenne 6 matchs par an (la FIFA en demande 40) et le pilotage à vue continue de dominer le management de notre football.

Depuis l’exploit de 2002, les Lions sont en quête de leur premier sacre

On continue de penser que pratiques occultes nous donneront des résultats et nos propres textes qui les combattent restent dormir dans les tiroirs attendant la rigueur qui les fera appliquer. Gneuwagoul légui. Mais bon, puisque le système est fait pour que les médiocres se contentent d’être moyens dans la légalité, continuons la route avec Me et rêvons encore.

Peut-être que Romai arrêtera de nous ridiculiser avec sa dotation pourrie et incomplète et nous dédommagera quand on aura rompu le contrat, que nos petites catégories joueront au moins 20 matchs par an, que nos clubs professionnels arriveront à payer régulièrement leurs salaires et que l’équipe A ira au mondial 2018.

Pour « un pays de football » qui se respecte, tout ceci est moyen mais chez nous c’est un rêve. Faudra juste qu’on se lève tôt pour se mettre au travail car « wakh ji mo eup liguey bi ».

Terminél en beauté Me, gnon gui lakoy gnanal.

Seck Modou Gueye

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