St Waly est vraiment devenu un Diable, plus qu’un monstre

Pour la première fois dans ma vie je voyais un cadavre couvert de sang. Ce décor écarlate me renvoyait à l’enfer où je périrai quand Dieu aura fini avec mon dossier. J’ai tué une de Ses créatures. 

Une chose étrange se passait dans ce thriller. Coumba ne semblait pas être dépassée par les événements. On dirait qu’elle est soulagée.

Oui, un micro-sourire illuminait son visage tandis que moi, l’assassin du jour, je tremblais pour ce crime qui fera le Teuss ou Xallass du lendemain. J’imagine mon nom sur toutes les unes des quotidiens sénégalais et les sites pourris qui ne vivent que de drame.

Pendant que mon esprit projetait devant moi un écran nuageux des scénarios de l’acte ignoble et non réfléchi que je venais de commettre, je me rendais compte que cette diablesse m’avait emporté dans une sale affaire dont elle va s’en tirer. C’est moi qui ai combattu avec Dembus jusqu’à ce que mort s’en suive. Le pauvre est allongé comme un gibier essoufflé et achevé par un chasseur chevronné. Art martial baxna wayé lima déff eupp na !!! khééékh momm, doyena rékkkkk ….

Coumba prend son téléphone pour appeler sa maman et l’informer de ce crime passionnel. Là, je venais de savoir que j’étais dans de sales draps et que la longue histoire ne faisait que démarrer.

Coumba venait de s’affranchir de son bourreau

L’esclave, Coumba, venait de briser la chaîne d’asservissement qui la liait à Dembus. Sa maman sera plus qu’heureuse d’apprendre que le gars qui tenait en otage sa fille a trépassé.

Soudain, comme un « ounk » qui reçoit un coup de massue mais n’en perd que sa queue, Dembus bougeait et gémissait difficilement. Putaiiin, il est ressuscité avant « yawmal khiyam ».

Mes poumons s’élargissaient comme des montgolfières tellement je respirais à fond. Je poussais un ouf de soulagement en expulsant tout le stress que j’avais en moi. Lii dou deggg !

Coumba qui parlait à voix basse avec sa mère tombait des nues. Elle tenait sa bouche et son visage se transformait en cimetière du désespoir. Je me rends compte qu’elle avait vraiment hâte que Dembus rende l’âme. C’était raté. Tant mieux pour moi.

Ma vie, mon boulot, ma réputation étaient sauvés … J’en reviens toujours pas. Thieey Yalla, mo meuna kheubeulatéé !!

Coumba disait à sa maman qu’il est encore vivant, qu’il remuait son corps pour faire signe de vie. Je lui disais d’appeler les secours pour qu’on l’évacue. Elle me disait que cela allait nous créer des problèmes que la police serait donc prévenue.

  • Mais danga doff wala laane … ki minguii perdre son sang Coumba ngani douniouko yobbou hopital ???
  • Néwoumala kéne douko yombbou mais pas niou wooo ambulance ….
  • Mais sinon daff ffiye déé … voilàà lolou nga beugg nespooo, mou dééé souniouye lokhoooo ???
  • Waly maymaa ma khalatteee …. (cris)
Poliiceee ?? tout sauf ça ! Ma carrière et ma vie sont en jeu …

Coumba criait de toutes ses forces et sa mine virait vers un noir volcanique. Je ne voulais pas toucher Dembus qui se tordait de douleurs. Il pouvait à peine ouvrir la bouche. Ses yeux rivés vers le toit, il semblait absent et inconscient mais il respirait tout de même. C’était l’essentiel. Le sang qu’il perdait diminuait en volume. Qu’il est mystérieux ce gars. Je crois qu’il est immortel ou bien il a plusieurs vies.

Coumba appelle vite un ami à Dembus, Omzo (pas zozo nakk) et le briefe sur la situation. Elle lui demande de venir sauver son ami drogué qui l’avait agressé à son domicile avant qu’elle appelle les flics. En attendant, je lui faisais un garrot à la tête et le maintenait en position de secours.

Pendant un moment, il me regardait avec ses yeux caramélisés par le chanvre indien. On dirait qu’il me parle à travers son regard. Une mise en garde ? Un mea-culpa ? Je ne pouvais pas décrypter son message mais lui continuait de s’exprimer à travers son regard perçant.

Ma tête tournait dans tous les sens. Dans quel bourbier me suis-je précipité nom de Dieu ?

Mon téléphone vibrait dans ma poche, c’était Sophie. Je ne pouvais surtout pas répondre. Je me rappelle qu’elle serait bientôt madame Tine. Je devais m’extirper de cette situation comme le disait Sanékh : Kharale bama guéneu situation bi rékkkkk !!!

5m plus tard, Omzo débarquait avec son bataillon blindé. Purée ! 2 véhicules clandos contenaient les 8 éléments de son groupe d’élite qui envahissaient les lieux et me regardaient d’un air revanchard. Je sais que mon visage et mon nom leur sont familiers. Je venais de me faire de nouveaux ennemis en plus de Dembus.

Omzo est venu au secours de Dembus en gang … C’est sûr qu’ils me chercheront la petite bête … khéékhou gang du diéékh

Il parlotait avec Coumba et lui disait qu’il allait l’amener à l’hôpital et déclarera qu’il a été agressé par des inconnus. Omzo nous demandait, à elle et moi, d’étouffer les faits. Que rien ne c’était passé. Il replie avec son débarquement. RAS.

Non, ce n’est pas possible. Je ne pouvais admettre que rien ne m’était arrivé dans cette soirée si rocambolesque. Coumba s’en sortait mal. Elle s’éloignait de moi et sortait une cigarette qu’elle s’empressa de consumer en 4 longs coups. J’ignorais qu’elle fumait. Peu être qu’elle me le cachait. Et puis je m’en foutais pas mal moi qui venais d’être sauvé d’une fin de vie à « ndoungoussine ».

Elle me disait de partir qu’elle allait faire le ménage et que sa maman allait arriver d’un moment à l’autre. Elle sera accompagnée d’une de ses tantes et de la sœur de Coumba. J’aurai aimé attendre cette « Karaba » (souvenez vous c’est la sorcière dans Kirikou) et lui dire que tout ceci était sa faute. Elle avait transformé Dembus en monstre et sa fille en rançon illimitée.

Je rentrais dans ses toilettes pour laver mes bras entachés de sang et me dépêchais de quitter ce lieu maudit. Sou bokhoule mala Coumba !

Coumba … Fooma toppééé … fooma nara dougale !

Je voulais démarrer ma voiture pour rentrer quand j’ai aperçu la maman diablesse arriver en catastrophe avec son état major. Médecin après la mort. J’ose espérer qu’elle aura la conscience plus tumultueuse que la mienne. J’attends qu’elles rentrent dans l’immeuble pour m’éclipser dans la nuit noire.

Une heure plus tard, j’étais dans ma grande baignoire en train de repenser à ce qui m’était arrivé. Je changeais l’eau pour la 3 fois puisque je me sentais sale. Ma peau voulait se détacher de mon corps. Ce corps qui allait tuer en jouant à « Paa ninja » ou « Jackie Chan ».

Coumba m’appelle au téléphone. Je sens que ça ne sent pas bon.

  • Allo Waly !
  • Waw Coumba ?
  • Omzo vient de m’appeler …
  • Lou khéw ani Dembus ??
  • Il va mieux … néna il a perdu du sang rékk mais c’est bon il est en salle de surveilance. Sauf qu’il a perdu sa mémoire… khamétoule kéne.. daffa amnésique !
  • Mais il n’est pas dans le coma.
  • Non néna il est sonné rékk mais le pronostic vital est écarté.
  • Alhamdoulilaaah !
  • Sama yaye nééna qu’on ne dise rien. Stp ne dis rien à personne Waly.
  • Baxna … On s’appelle demain.
  • Ok !

Coumba venait de m’annoncer la meilleure nouvelle à laquelle je ne m’attendais point au cours de cette soirée ô combien hollywoodienne. Quel soulagement. Cerise sur le gâteau, Dembus avait perdu la mémoire. Toute l’histoire qui le liait avec Coumba et moi-même sera aux oubliettes.  

Ma baignoire, mon asile …. diominaa tééyy !

A ce moment, une larme traversait ma joue en une fraction de seconde. C’était une larme de « thiante ». Je rendais grâce à Dieu de m’avoir sauvé dans cette histoire obnubilante.

« A toute chose malheur est bon » dit l’adage. Moi je dirais que le malheur m’a apporté un heur divin.

Soulagé, j’envoie un SMS à Sophie et lui disait que je m’étais endormi de fatigue c’est pourquoi j’ai pas vu son appel et que je la rappellerai au petit matin. J’éteins mon téléphone juste après pour ne pas recevoir son appel après la lecture du SMS.

Je n’en pouvais plus. Seul le sommeil pouvait me plonger dans un monde irréel où mes plus grandes peurs vont s’évaporer et laisser place à la vie en rose.

Santate Yalla boubaakh mima moussale sii ayyou Dembus ak Coumba …

A mon réveil vers 9h, ce dimanche s’annonce être l’un des plus stratégiques que je n’ai jamais vécus de ma vie. Je devrai soit rompre avec Coumba et plus aucun contact avec elle ou bien devenir son nouveau bourreau et la tenir en otage. Elle m’était redevable, je lui ai sauvé la vie. Heureusement pour moi je n’ai pas ôté celle de Dembus.

Sauf qu’un autre problème me tombait dessus. Un SMS de Sophie : « Coman se faitil nga nélaw ba guisso sama appel té ma guiss la ngay douggou si kogne bi ak sa auto à 23h11 précises ? »

Laaa ilaaa wa kii khana djinné la momiiite … wouye fouma diieumaty … !?!? louma dale ak femmes yiii ?????

Auteur : ~~ Serigne Cheikh Djitté ~~      

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2 Comments

  1. anta
    29 novembre 2017
    Répondre

    ou en êtes vous pour la suite du récit.

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