« Wa Salam ! »


Kou ame bate bou neeikh so wéyoule Rassoulilah (saw) wayewa nul na

Le comédien Diop Fall l’aurait mieux réussi que moi en le criant haut et fort : « Wa Salam ! ».
« Kou ame bate bou neeikh so weyoule Rassoulilah (saw) wayewa nul na » ! Cette phrase est connue de tous ceux qui fréquentent les cérémonies de chants religieux.
Et que dire du promoteur du festival « Salam » qui a dans son répertoire mille mélodies et chansons non « nabiennes »? « Sénégal rekk », tous les chats sont gris durant les nuits ramadaniennes.
Pourtant, l’initiative est à saluer. Vraiment ! Offrir des spectacles de chants religieux aux sénégalais en temps de jeûne est très louable. Permettre aux « tagguekattou Rassoulilah » de se produire en ce mois béni où tout le monde est toute ouïe aux psalmodies est aussi très généreux.

on verse dans la musicalité à flots sans s’en rendre compte
Néanmoins, force est de remarquer qu’un groove de business plane sur ce festival. En effet, ces jeunes talents portés aux devants des spectacles compétitent d’ardeur et de ferveur durant « Salam ». Certains y gagnent en notoriété jusqu’à décrocher une incubation ou la production du label organisateur de l’événement.
Dans un autre tempo, je déplore le fait que ces chanteurs, représentant différentes confréries, versent dans la musique. Je l’affirme à juste valeur. Les instruments de musique moderne tels le clavier, la kora, la flûte et même la guitare sont-ils compatibles ou associables aux traditionnels « khiine » ou « tabala » ?
Pour mieux rythmer leurs psalmodies, la plupart commence à pencher vers la musique religieuse et des mouvements de danse, loin des « doukates » habituels, qui font monter la température.
Les fans club alors ? En 12e gaïndé, ils accompagnent les batteurs ou le chanteur dans les montées de gamme pour scander en nombre le refrain de ces chansons et faire ainsi faire vibrer la salle.

le 12e gaindé plus que satisfait de ce mix religieux aux rythmes modernes
Bah stop ! On verse dans le spectacle musical là avec comme alibi l’adaptation des chants religieux à la modernité.
Le promoteur peut avoir une bonne intention à travers ce festival, mais depuis la première édition on sent les choses prendre un autre virage. Est-ce une opération de relooking d’image ? De la diplomatie religieuse envers le Maroc et la Mauritanie ?
A mon humble avis, ces « tagguekattou Rassoulilah », comme ils veulent si bien être appelés, doivent se ressaisir et éviter ces abus. Ce n’est ni louable au sein de leurs différentes appartenances confrériques, ni louable en cette période de Ramadan.
Et nous le public qui « yeunguelons nos mbaggs nakh aayoule« , si nous cautionnons ce style musical qui allie versets coraniques et panégyriques des guides confrériques, alors ne nous plaignons plus qu’un tel faramarène aie chanté « daroul habibi » ou « amana Rassoul » comme son daron.
Soyons conséquents avec nous mêmes. Wa Salam !
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Auteur : —§ Serigne Cheikh Djitté §— La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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