Silence, on tourne. Action !


Bolloré, le magnat français, vient de doter notre capitale Dakar d’une salle de cinéma digne de ce nom. Son nom à lui sera plus ancré dans la mémoire des cinéphiles, dont je fais partie, de l’industrie cinématographique nationale et du 7e art en général. Merci cher monsieur pour votre Kolleuré.
Cependant, je reste partagé entre une difficile satisfaction, une offrande de cet homme d’affaires et l’industrie culturelle sénégalaise qui pâtît sans le ressentir.
Face à un manque de salles de cinéma au Sénégal surtout dans l’ex capitale de l’AOF, le patron de Canal+ nous offre une infrastructure culturelle pour le grand bien du cinéma sénégalais et de son image de philanthrope et sauveur de l’Afrique en plus.

nioune mom DON rékk …. aywaa dana baakh ! toujours inaugurer lougne niou sarakh rékk !
Ses intérêts dans nos pays seront renforcés (services portuaires) et même d’autres projets lui seront cédés pour son implication et sa responsabilité sociétale comme entreprise au service de la culture. On connait le topo. Au Cameroun, le patron de A+ a réussi ce tour de magie même si l’affaire du déraillement du train de la Camrail, filiale de Bolloré, reste une pilule difficile à avaler pour les camerounais.
Mais aussi devant une industrie culturelle laissée en rade par nos gouvernants, force est d’admettre qu’on en avait grand besoin de ce Canal Olympia Téranga.
Le ministère de la culture n’a de mérite que de nous informer que la première dame peut nommer ministre qui elle veut. Rappelez-vous ! Peut-être c’est un pouvoir dévolu qu’on lui a conféré en oubliant de le notifier aux sénégalais que nous sommes.
Notre cinéma sénégalais n’a-t-il pas le mérite et la reconnaissance d’avoir des infrastructures qui récompenseraient sa créativité ?

Le grand écran … encore un mythe chez nous.
De l’homme à la pipe, Sembène, à Alain Gomis, combien de films de haute facture font feu ailleurs alors qu’ils sont ignorés par nos concitoyens ?
Peu de sénégalais visionnent, sur des chaînes internationales et généralement françaises, ces chefs d’œuvre réalisés par nos compatriotes. Le ministère de tutelle ne subventionne pas les télévisions locales pour diffuser ces œuvres. Pis, la chaîne nationale pouvait le faire et payer le prix sur lequel ne lésinent pas les télévisions étrangères.
Aujourd’hui, les séries ont pris le dessus sur le long métrage parce que les films n’apportent pas toujours de gros chèques et des passages de sponsoring qui durent jusqu’à un quart d’heure comme pour Wiri Wiri.
L’industrie cinématographique n’est plus ce régulateur social et acteur économique. Elle est devenue un vulgaire panneau de publicité.

Moolaré de Sembène qui parlait de l’excision … le film engagé !
Le cinéma nourrit le tourisme, l’artisanat et tant d’autres secteurs de notre économie nationale et une renommée internationale suit tout succès. « Félicitée » en est une preuve récente.
Quant à la série télévisée, elle ne nourrit que ses producteurs et son diffuseur. Ses acteurs deviennent par extension des animateurs du petit écran et égéries de marques et d’ailleurs pas pour longtemps. Pensons à revoir la rentabilité de nos productions locales qui s’exportent peu dans la sous-région faute d’interprétation en langues internationales. TV5 Afrique produit et diffuse pas mal de séries dans la sous-région mais actuellement peu de séries sénégalaises font partie du lot.
Là où le Nigeria a fait de son Nollywood une industrie toute performante, 3e au monde après Hollywood et Bollywood, nos séries sénégalaises se succèdent mais peu en valent la peine. L’Egypte, le Maroc, le Nigeria se distinguent mondialement dans le Ciné-Tourisme. Et nous ?

L’une des meilleures séries … Tout y est ! vous êtes des IDOLES !
La recherche du gain est un gros problème chez le sénégalais. Nous sommes les rois du « ctrl + C ». Tout ce qui réussit est pris d’assaut par des imitateurs de tous azimuts. Des animateurs télé ont même essayé et mené une « Double Vie » pour tester ce nouveau genre.
Heureusement, il y existe toujours des « Idoles » pour relever haut la barre de la production cinématographique.
Il faudra revoir le scénario de notre biopic de l’industrie cinématographique sinon le clap de la fin nous laissera un goût d’inachevé.
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Auteur : —-§ Serigne Cheikh Djitté §—- La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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