Les drogués du Pouvoir


Nguur daal dafa nekh. Nekhule baayi !

Il est bien légitime de se demander ce qui pousse les dirigeants africains (sénégalais en particulier) à vouloir demeurer coûte que coûte au pouvoir. Nguur kenn duko gnidd !
Comme une drogue, ils en redemandent toujours plus pour atteindre l’extase. La dépendance aidant, la dose sans cesse renouvelée est augmentée au fur et à mesure. Ainsi la spirale s’enchaîne.
Ainsi Ndéné vient de dire OUI à Macky pour, officiellement, «élargir la majorité présidentielle». Ndeyssan ! Quel beau discours. Le français est une langue tellement riche que l’on peut surfer sur la vague de la sémantique des mots pour faire passer la pilule … « en douce ». Thieuyy lii ! Et pourtant il n’y a pas très longtemps, le descendant de roi disait de la transhumance qu’il est « le pire acte qu’un homme politique peut poser ! ».
Mais il faut savoir que dans notre Sunugaal ce cas n’est pas isolé. Plusieurs dinosaures de la scène politique continuent de jouer les premiers rôles, de Senghor à Macky. Ils sont à l’affût d’un poste à occuper. Les vieux travaillent encore alors que les jeunes sont en retraite anticipée faute de trouver du travail.

Adversaires politiques un jour, amis pour toujours !
Ailleurs en Afrique la même dynamique se perpétue au grand dam des populations qui, au finish, en sont les grands perdants.
La récente élection du président de la Confédération Africaine de Football en est une probante illustration. Issa Hayatou, en vieux briscard du foot africain, a voulu se présenter à sa succession malgré 29 saisons passées à la tête de la CAF. Pourtant l’homme ne paie pas de mine avec une santé chancelante et ses 70 printemps.
Le tout sur fond de supputations internes au sein de l’instance où il impose bien souvent sa volonté. Mais lui en a pris car il est battu, à la surprise générale, par Ahmad Ahmad, de treize années son cadet. Le Malgache est venu jouer les trouble-fêtes dans cette élection où le naguère puissant patron avait pris le soin d’éliminer ses plus sérieux concurrents.

Le poids de l’âge fait des dégâts et profondément …. (rires)
Sur un autre terrain, celui-là politique, la foncière boulimie du pouvoir s’est fait encore ressentir. En République Démocratique du Congo, Kabila joue au chat et à la souris avec l’opposition afin de conserver son pouvoir déjà rallongé d’une année. Un jeu qui risque de perdurer avec la mort depuis le 1er février, à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi l’historique chef de file de l’opposition. Entre le siège du parti et le cimetière de Gombe à Kinshasa, le débat s’éternise sur son lieu d’inhumation.
Au vu de la situation politique, cette mort est instrumentalisée pour servir des intérêts politiques. En ligne de mire, des postes à négocier. Funeste business ! Pendant ce temps, la dépouille mortelle attend, depuis le 1er février dernier, de retourner au pays natal pour un repos éternel bien mérité.
Le pouvoir, encore le pouvoir et toujours le pouvoir. Tel semble être le mot d’ordre de ces politiques africains qui s’agrippent mordicus à leurs fauteuils attachés à une ribambelle de privilèges. Au premier chef se trouve l’argent, le nerf de la guerre.

Khalisooo Khalioosooo …. leumbénga douniiaa !!!
Plus qu’incontournables, les billets de banque deviennent à la fois l’arme fatale et la botte secrète pour étoffer les rangs des dirigeants au sein d’une population le plus souvent pauvre.
D’autre part les dirigeants africains ne veulent se départir de leur omnipotence. Il faut dire que sous nos tropiques, même le citoyen lambda porté par le suffrage universel devient très vite le centre.
Pour présider aux destinées de la nation, les dirigeants se sentent investis du pouvoir de faire et de défaire.
Une ivresse à laquelle seuls quelques-uns peuvent résister car, selon la fameuse formule du Lord Acton, « Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument ».
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Auteur : —-§§ Ibrahima NDIAYE §§—– La Tribune 221 Ibrahima Ndiaye
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