Le Sénégal : cette arène où l’accessoire prime sur l’essentiel


Ousmane Sonko a écrit un livre sur le pétrole et le gaz, ressources dont la gestion aura un impact important sur le quotidien de notre génération et de celles à venir. Mais ce qui fait le buzz avec ce livre, ce n’est pas son contenu (que peu liront) mais sa fausse interdiction de sortie et un bout de phrase taxant les journalistes d’ « inféodés et prisonniers de l’argent». Et le combat (oups le débat) est lancé.

La presse, allergique aux critiques
Les journalistes, qui devaient déjà faire le travail d’investigation pour poser un débat fertile, se limitent plutôt à jouer les « corporatistes » en créant une polémique inutile autour de ce bout de phrase de l’auteur.
Et quid de la « spoliation » des ressources dont parle l’auteur dans le livre ? Et bien faudra repasser, comme c’est toujours le cas sur les sujets qui importent pour notre devenir.
Le Sénégal est ce pays où quand il s’agit d’apporter quinze modifications majeures à la constitution, le débat se porte plutôt et presque uniquement sur la limitation du mandat actuel du Président de la république à 5 ans au lieu de 7. Politique politicienne oblige.
C’est le pays de Léopold Sédar Senghor où on étudie encore dans des abris provisoires tout en construisant, à coup de milliards, une « cité de l’émergence » au cœur d’une capitale déjà surpeuplée. Coopération bilatérale vous dites ? C’est cette fabuleuse terre de Téranga où les autorités préfèrent financer un TER sur moins de 50 km à plus de 500 milliards alors que le pays ne dispose que d’une seule machine de radiothérapie…en panne. Le chant de l’émergence est passé par là.

La ville de Diamniadio devient déjà une « fierté » avant son inauguration
Oui, chez nous on chante, on danse et on lutte…avec nos rêves. Alors je me permets, dans cette cacophonie répétitive, de rêver moi aussi. Rêver que l’introduction des langues nationales dans notre système éducatif soit une réussite et que l’éducation reprenne la priorité sur l’instruction.
Rêver que ces milliards qui servent de fonds politiques soient utilisés pour construire des centres de santé dans les nombreuses contrées du pays où des femmes accouchent encore dans des charrettes.

La précarité sociale, une des priorités
Rêver que la promotion de la médiocrité soit combattue sous toutes ses formes et dans toutes les sphères afin que lumière soit définitivement posée sur ces brillants esprits, hommes et femmes, qui luttent au quotidien pour que seuls le travail et l’excellence soient le résultat de toutes promotions.
Rêver de voir le citoyen lambda prendre conscience de sa responsabilité individuelle dans ce chaos et refuser de se laisser « abrutir » par le pouvoir de l’information distractive. Rêver tout simplement d’actions de développement à la place d’un quotidien de faits de divers. Rêvons ENSEMBLE mais AGISSONS surtout!
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Auteur : —§ Seck Modou Gueye §— La Tribune 221 Seck Modou Gueye
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