L’accord du désaccord


Les pays ne sont ni frères ni amis, seuls des intérêts les lient

Les attentats de Téhéran ont montré ce mercredi que ni Londres ni Paris ou même toutes autres capitales ne sont épargnées du terrorisme.
Triste sort quand on a vu un accord de Riyad mettre Téhéran et Doha sous la même enseigne, celle de la terreur. Alors qu’il a été signé il y a quelques jours, cet accord a plongé la région dans une crise diplomatique qui s’étend sous d’autres cieux.
Les nouveaux amis de Donald ont d’ailleurs accéléré la cadence, lundi, en rompant leurs relations diplomatiques avec Qatar. N’en suffisait pas, les nouveaux alliés pour la lutte contre le terrorisme international tirent les rideaux de leurs frontières et coupent tous commerces avec le petit Qatar.

Téhéran, touché dans son cœur institutionnel
Ce dernier est accusé d’être un allié de l’Iran et de surcroît serait une manne financière pour le terrorisme. Ironie du sort, son supposé allié Téhéran est attaqué au plus profond de son système 2 jours après sa mise en quarantaine. Le parlement iranien et le mausolée de l’ayatollah Khomeini sont gravement touchés, entachés de sang. Le pays gravera dans son histoire les pages noires de ces actes terroristes d’un 07 juin 2017.
Les ennemis de la nouvelle coalition de Trump sont victimes à leur tour. Chacun d’une façon différente. Le riche petit pays entouré de ses désormais nouveaux ennemis est excommunié tandis que le pays des chiites est lui frappé par la terreur et la haine de l’EI. Cette organisation, ennemi commun à toutes les nations, a revendiqué les actes juste après les faits.
Un autre groupe d’alliés africains du camp de Riyad se signale. D’abord c’est le pays des pharaons qui rallie l’Arabie Saoudite. Normal, l’Egypte est touchée de plein fouet par l’instabilité sécuritaire qui provient de son voisinage.

Au second plan, les bounioules ou marionettes
C’est ensuite le pays de l’équateur africain, le Gabon, qui hausse le ton contre Qatar après avoir lancer les bases d’une nouvelle coopération avec Abu Dhabi. Normal aussi car l’ennemi de ton ami est ton ennemi.
Et puisqu’il est dans toutes les sauces, le pays de la Téranga ne pouvait pas s’empêcher de se faire remarquer dans cette crise. Qu’est-ce qui nous prend avec cette sympathie saisonnière avec l’Arabie Saoudite pour qui on est prêt à envoyer nos fils au front et rappeler notre ambassadeur comme si on était dirigé par Panurge ?
Pour nous africains qui sommes si loin de la Mer Rouge et du Golfe Persique, pourquoi rentrer dans cette alliance dont nous ne sommes que des figurants et des moindres ? En témoigne la photo de famille du Sommet de Riyad sur laquelle le Yankee blond est entouré des pays arabes et nos bounioules qui sont placés en papier peint de ce souvenir.
L’accord de Riyad est en train de semer un désaccord dans le Golfe. Les amis de Trump prennent en tenaille Qatar et le président américain s’en réjouit sur Twitter pour célébrer la réussite de son initiative.

Il a réussi à renverser la vapeur : laisser les amis arabes gérer les ennemis arabes
Comme au golf, dans la politique il ne suffit pas d’avoir un bon swing pour tirer loin. Il faut connaître le green, le terrain dans lequel on se lance. Et pour cela, Trump est accompagné de plusieurs caddies qui maîtrisent à merveille le parcours du Golfe.
Je vois dans cette crise, un semblable du sort de Youssef sacrifié par ses frères arabes. Les pays ne sont ni frères ni amis, seuls des intérêts les lient.
Alliés et ennemis sont tous menacés par l’Etat islamique. Autant mettre en commun l’intérêt d’un monde sécurisé que de laisser la peur gangrener nos vies.
Chacun devrait désamorcer la grenade, qui risque d’exploser de toute façon, au lieu de se la jeter à tour de rôle comme une roulette russe.
Le diviser pour mieux régner n’est pas seulement une expérience africaine. Le Golfe est le nouveau laboratoire de cette affreuse politique.
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Auteur : –§ Serigne Cheikh Djitté §– La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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