De Sopi à Manko


Coalition. Un mot que les sénégalais entendent à chaque veille d’élections, législatives ou présidentielle, mais qui semble avoir une autre définition dans la joute politicienne. Jusque-là, les coalisés nous donnent un goût de bataille galactique qui nous rappelle le film « 300 ».
Depuis la victoire wadiste en 2000, la coalition est devenue cette forme très légitime de combattre un régime en place pour après se partager le gâteau du pouvoir. Chef de l’exécutif, 2 ou 3 ministères clefs sont les lots de consolation pour ceux qui vont aider à dépasser le seuil des 50% durant le second tour.
En réunissant des voix et bulletins de gauche à droite, on ne se soucie guère des orientations politiques ni programmes des différents, ou plutôt complémentaires, candidats.
Gorgui éjecta Niasse et son parti de la pyramide gouvernementale et noya son dauphin Seck borom thies.

Le compagnonnage est si éphémère en politique
Ceux-là ont fait moultes coalitions avant que l’un ne trouve la bonne combinaison qui le conduit à la tête de l’hémicycle tandis que l’autre était revenu au domicile parental ce qui lui a valu une sanction sévère de l’électorat.
À la fin du mandat de Wade, ceux qui croyaient, pour la plupart, au « Sopi » (changement) ont du changer de régime pour un autre « Yaakar » (espoir).
Après le Sopi, place au Yaakar !
Une belle coalition. Toutes les classes s’y retrouvaient. La vieille machine verte (PS), les jeunes dirigeants de nouveaux partis et les excommuniés de Gorgui. Parmi ces derniers, le Sall coup porté par Wade dans le Macky de l’Assemblée nationale lui est tombé sur la face. Le dindon de la farce est devenu le seul candidat capable de renverser, démocratiquement, le Sopi pour un APRès meilleur.
Au finish, Sall devient Président du Yaakar (espoir) et sa coalition (Benno Bokk Yaakar) l’accompagne au Palais. Chaque grand contributeur attend sa part du butin de la bataille présidentielle. Même un certain roi du mbalakh a su se démarquer dans le mbakhal du gouvernement. C’était inédit.

Après l’effort dans l’opposition, le réconfort dans le pouvoir
Les vaincus du Sopi devront faire profil bas et jouer la carte des frondeurs tous azimuts. Au début du mandat de l’APRe bataille de Sall, plusieurs Tanor, oups ténors, ont déposé les armes de la rébellion. La transhumance retrouvait ses lettres de noblesse.
Mais, il aura fallu peu de temps avant que le régime Sall ne rompe avec cette illusoire vie de coalition, ou du moins de couple. Aujourd’hui, le premier chef du gouvernement de l’alternance Yaakar fait du Manko avec un ancien ministre du commerce et puis des sports dont il fut le bourreau selon les bruits de couloir. Hey Mbaye comme dirait Garmi !
Ce n’est pas tout. Les dignes fils de Wade qui avaient chacun pris un point cardinal tant les divergences régnaient dans leur parti se retrouvent coude-à-coude avec leurs pires ennemis de l’avant 2012.
La vieille machine verte (PS) est en panne mais le chef de parti savoure le délice du haut conseil des collectivités territoriales alors que son caporal hume l’air de la privation à Reubeuss. Le leader de Manko lui est en déphasage depuis belle lurette avec son mentor chef de l’Assemblée et de son parti l’AFP.
Les anciens ennemis sont de nouveaux amis mais resteront-ils de bons et fidèles amis demain ?

Laangaa buri politique !
Manko qui veut dire « union » ou « à l’unisson » devient une poire et nous montre sa noix. Qui sont unis autour de cette coalition ? Des amis ? Des intérêts ? Un programme de destitution du Yaakar ?
Quoi qu’il en soit, les coalitions trahissent bien la volonté des alliés : faire tomber le régime en place.
S’il est facile de faire tomber un château, plus dur sera de le bâtir et le gérer à nouveau surtout si l’on n’a pas les talents d’un architecte et d’un gouverneur.
En fin de compte, rien n’a changé depuis Sopi, point de Manko dans les coalitions et nulle intention de Wattu le Sénégal. Les mêmes têtes qui changent, sans cesse, de casquettes.
On ne fait que tourner en rond, et pis, sur place !
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Auteur : —-§ Serigne Cheikh Djitté §—- La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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