« Bou Khalifa Wade »


“Que Khalifa ne tombe pas”

Excusez le titre ! Je me plais à wolofiser le débat politique puisque « dafa kheiw ». J’aurais dû écrire « Bou, Khalifa, Wade » au lieu de « Bou Khalifa Wade » comme pour dire : que Khalifa ne tombe pas.
Toutes les coalitions ont relégué la langue de Molière et parlent maintenant wolof. Ce n’est pas mal. Et pourtant, cela aurait fait un joli nom de coalition entre Bou Abdallah Dionne, Khalifa Sall et Gorgui Wade.
Une galactique coalition si l’intérêt du Sénégal était mis en avant. Seulement, les égos, les « yama neiwone manila » et les coups bas de notre histoire politique hantent la vie de ces dirigeants assoiffés de pouvoir et de vengeance.

Sass nanioula nakk Dionne, soye daanou di daanou !
En découvrant les chefs de file des écuries qui vont compétiter au gala de lutte en juillet, je vois que le choix de ces champions ne s’est fait que par pure tactique politique. Pire, l’on découvre que même le patron de l’exécutif et notre ancien chef d’Etat promettent un « touss » rythmique dans l’arène.
La question que je me pose est la suivante : quand est ce nous aurions des députés engagés pour l’unique cause du peuple sénégalais sans calculs politiques ?
Toute cette course à la majorité du dortoir national ne sera que démonstration de force à moins de 2 ans de la grande bataille de 2019. Cependant, j’y vois un indice très révélateur mais surtout critique. Nos institutions étatiques et locales perdent de la valeur. Les statuts de Premier Ministre, d’ancien Président et de Maire sont bafoués.

L’absent le plus présent
Au lendemain de notre seconde alternance, qui n’a pas été agréablement surpris après la nomination d’un PM technocrate ?! Aujourd’hui, le second commandeur du régime au pouvoir descend dans l’arène et l’ancien PM technocrate, qu’il a remplacé, a déjà « sampé son ndeundeu » montrant même ses talents de sprinteur et d’auto-stoppeur (rires).
Le vieux niombor qui devait, à défaut d’accompagner son successeur, se la couler douce sans tambours ni trompettes vient obstruer le leadership de son parti. Comment a-t-il loupé le coche d’une retraite paisible en se rabaissant et dégradant son image d’homme d’Etat ? Les héritiers de son legs, vieux de 38 ans, n’ont également pas eu le courage de lui dire « Gorgui doye na nakk !!« .
Et enfin, la victime, Khaf, le jeune loup solitaire de la bataille politique, lâché par ses mentors. Lui aussi a vu son image de patron des maires africains et francophones entachée par une histoire de caisse d’avance. D’avance, il devient le premier maire de la capitale à faire naître cette jurisprudence et se présente dans l’arène comme l’absent le plus présent.

« Le Zizou du jeu politique » comme disait l’autre MDR
Au Sénégal, tous les coups sont permis dans la lutte politique et les règles du jeu sont connues de tous : « louway neikh def ». C’est pour cette raison que chacun se prépare comme il peut.
Le PM devient le John Snow de la forteresse de l’Assemblée Nationale prise d’assaut par Benno Bokk Yaakar depuis 2012.
Gorgui Wade dirige le peloton de Manko Wattu Senegal malgré ses 91 piges, machAllah, même si des bons athlètes suivent patiemment son rythme à petites foulées.
Bien qu’étant dans les bras de ses adversaires politiques, Khalifa parvient à motiver ses troupes et reste pour eux le meilleur combattant de l’opposition.
Quel sera le choix des sénégalais entre le 3e Président du Sénégal, le 2e chef du régime en place et le 1er maire du pays ?
À vos pronostics mais surtout à vos cartes !
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Auteur : —§ Serigne Cheikh Djitté §— La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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