“Au feu !”


Épargnez-moi du fameux « ndogalou Yallah » quand un père voit sa progéniture se momifier…

Des 4 éléments de la vie, le feu en est le plus difficile à apprivoiser. Il est le plus dangereux, le plus destructeur.
L’eau inonde, la terre tremble, le vent balaye, mais le feu lui brûle. Son incandescence ne se limite pas à montrer sa fureur, il consume nos cœurs également.
Au Sénégal, ses dégâts sont imputés aux gens du feu, les démons et djinns. Libre à chacun d’y croire mais nous sommes souvent les étincelles qui les déclenchons.
Nous étions tous responsables de la mort de la vingtaine de gens à Daaka, nous l’étions également dans les marchés et le sommes quand ces cinq frères et sœurs ont péri sous les effets du feu.

La négligence est la principale cause de ces incendies
Les conditions d’hygiène dans lesquelles nous évoluons sont propices pour attiser la fournaise. La promiscuité est le premier amant de ce désastre. Un jour ou l’autre, leur relation secrète sera connue de tous en faisant des dégâts matériels et humains écœurants.
Avant d’appeler « au feu », prévenons l’irréversible !
Les causes de ces incendies sont toujours humaines. Volontaires ou pas, ils sont l’œuvre de l’Homme. C’est pourquoi les vies ne sont pas épargnées.

Quand il s’agit de dégâts matériels on pleure …s’il y a perte humaine que doit-on faire alors ?
Que personne ne me dise qu’un esprit maléfique a fumé et jeté son mégot de cigarette dans la brousse pour faire un feu d’artifice religieux avec des tentes qui abritaient de pieux pèlerins à Médina Gounass. Ou même qu’il a ouvert une bonbonne de gaz ou autre raison qu’on s’amuse à qualifier de mystérieuse ou mystique.
Mettons de côté la jalousie ainsi que la concurrence malsaine qui feront qu’un marché se retrouve en cendres durant la nuit noire pendant que les braves femmes et hommes qui y trouvent leur DQ sont au repos.
Épargnez-moi du fameux « ndogalou Yallah » quand un père voit sa progéniture se momifier sous l’effet de la fumée épaisse dégagée par une chambre de sa maison transformée en four. J’ai le cœur meurtri et les larmes aux yeux quand je pense à la peine qui le ronge de même que la maman. 5 petits bouts de bois de Dieu asphyxiés.
Un autre souvenir si proche me vient à l’esprit mais je le tairai puisqu’une plaie à peine cicatrisée n’est pas à égratigner même quand elle démange.

Les soldats du feu perdent souvent la bataille
Qui est responsable ?
L’Etat, on dira naturellement, du moment qu’il est sensé nous protéger contre ces catastrophes naturelles. Mais voilà là où le bât blesse. Est-ce-que ces incendies sont naturels ? Non. La main humaine y est. Rien de surnaturel non plus.
Soyons responsables de notre insalubrité, de la promiscuité dans laquelle vivent nos concitoyens par manque de moyens pendant que des dirigeants, voisins et parents jouent aux borgnes pour ne rien voir.

on ne pourra stopper ce feu qu’en changeant nos habitudes de vie

Obsèques en grandes pompes alors que nos conditions de vies restent misérables
On aura beau sacrifier toutes les têtes de bétail qu’on pourra, faire couler des cours d’eau de sang, faire des veillées de prières ou “sarakher” toute notre production de riz local et importé, l’on ne pourra stopper ce feu qu’en changeant nos habitudes de vie.
La pauvreté ne doit pas être synonyme d’insalubrité autant l’hygiène n’est pas le corollaire de l’immunité.
Quoi qu’il en soit, revoyons nos habitudes dans les maisons, les marchés, durant les cérémonies pour éviter le pire. Il nous faut être propre et prudent.
Le diable est dans le détail et il lui suffit d’une brindille pour faire du feu.
Que Dieu nous préserve et nous épargne du feu d’ici-bas et dans l’au-delà. Pensées pieuses à toutes ces victimes.
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Auteur : —-§ Serigne Cheikh Djitté §—- La Tribune 221 CHeikh Al Muntaqa Saalih
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