A quand un MACRON sénégalais ?


Les premiers barrages pour ces jeunes sont les partis politiques

Nous avons au Sénégal l’habitude d’avoir des jeunes politiques talentueux, aux idées novatrices, à l’engagement sûr, et à l’intégrité avérée. Nous ne leur donnons malheureusement jamais la chance de se faire comprendre. Leur discours passe très difficilement. Les populations ayant l’habitude de consommer des discours fleuves, vides et pleins de promesses des dinosaures politicards qui sont là depuis les indépendances.
Au Sénégal, MACRON n’aurait jamais réussi. Il aurait été freiné depuis très longtemps par les pesanteurs sociales, culturelles et financières qui empêchent l’émergence d’un leadership jeune et indépendant.
Les premiers barrages pour ces jeunes sont les partis politiques qui sont organisés de manière à assurer les arrières du père fondateur et de ses sbires. Des statuts taillés sur mesure, des instances jamais renouvelées, et des postes déjà distribués aux militants de première heure, aux bailleurs du parti et autres mobilisateurs qui ne comprennent rien des enjeux économiques et stratégiques du pays et qui ne savent même pas ce que c’est un projet de société.

Combien parmi ses jeunes pourront accéder au sommet ?
Ces jeunes-là, malgré tout leur potentiel, sont relégués dans la cellule jeune de leur parti jusqu’à l’âge de 35 ans ou plus parfois. Ils sont considérés comme jeunes, avec toute la connotation négative que ce concept traîne en politique, jusqu’à l’âge de 40 ans.
Entre temps, le système-parti les aura noyé et abruti au niveau moyen. Il les a modelé à son image afin qu’ils véhiculent les mêmes messages, les mêmes idées et s’expriment de la même façon de telle sorte que leur logomachie ne soit compris que par une infime partie de la population.
Pendant les campagnes électorales, ils sont utilisés comme des boucliers, enclins à faire les sales besognes comme insulter un adversaire politique, ou répondre de façon vulgaire sur une interpellation d’un adversaire. C’est comme s’ils ne sont que des bras armés prêts à verser dans l’invective, l’insolence et l’insanité. Ils sont ainsi des actionnaires dans l’entreprise des partis politiques dont l’objectif reste la conquête, la conservation et la jouissance du pouvoir.

L’enfant terrible du PS est stigmatisé par sa franchise et son audance
Les rares qui ont le courage de se rebeller contre ce système sont caricaturés, censurés et âprement combattus parfois. On les taxe de jeune bouillant, sans expérience, pris par la jeunesse. Leurs discours sont travestis par les médias qui sont souvent complices du système.
On les met en mal avec les pouvoirs religieux ou coutumiers, ils sont contre telle ou telle confrérie, ou ils sont financés par tel ou tel lobby.
Ces considérations ont la manie d’apeurer les populations qui rejettent systématiquement ce discours nouveau, cette tête nouvelle qui ne croit pas à nos marabouts, qui rejette nos valeurs de soutoura, de keersa ou de je ne sais quoi encore. Les plus vicieux l’approchent pour lui soutirer de l’argent, ou organisent des rassemblements pour se faire financer, si par malheur le pauvre n’a pas les moyens de suivre, on le taxe d’avare, dafa ney, ou yorul dara il est pauvre.

Pourtant c’est un jeune qui était l’espoir de tout un peuple en 2012 ….
Notre jeune leader se retrouve avec moins d’1% des suffrages aux élections, complètement paumé et exténué, le moral yaawu jaal.
Chaque pays a, en fin de compte, les dirigeants qu’il mérite. Nos dirigeants sont à notre image.
Notre système les a produits et nous continuons d’entretenir ce système. Des Jules NDENE, des DJIBO des WADE et des MACKY on en aura encore et encore.
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Auteur : —-§ Ousmane Sams Ndiaye §—- La Tribune 221 Ousmane Sams Ndiaye
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